Réservé aux abonnés

Mais pourquoi diable Macron était-il si mal rasé?

Anna Lietti

Par Anna Lietti · Publié le 12 décembre 2018 · 3 min de lecture

Mais pourquoi diable Macron était-il si mal rasé?
Les éditorialistes professionnels ont fait comme s’ils n’avaient rien vu, trop soucieux de ne pas passer pour futiles. - © DR

Hasard, accident? A d’autres! Une barbe de deux jours sur les joues d’un président s’adressant solennellement à son peuple, ce n’est pas un détail mal maîtrisé. C’est un sémaphore sémiologique. Mais pour signifier quoi? Le mystère demeure. Notre hypothèse exclusive: celle de la barbe hypnotique.

Ce n’est pas que je ne m’intéresse pas au fond de la question. La crise des gilets jaunes me touche et m’interroge. Et lundi soir, j’étais devant ma télé, suspendue à ce moment d’Histoire en direct: Emmanuel Macron, président super mal barré de la République française, allait-il réussir à calmer le jeu et à ramener le pays à la normalité démocratique?  

La réponse sera peut-être plus claire dans quelques jours. Ce qui est sûr, c’est que Macron a mis ses concitoyens à rude épreuve: comment faire, en effet, pour l’écouter sans se laisser distraire par ce gros détail poilu qui lui brouillait les joues et le cou? On clignait des yeux, incrédules: le président de la république est mal rasé? Et on finissait par se rendre à l’évidence: ben oui, oups, il est mal rasé.

Le fait est qu’une joue hirsute ne constitue un détail futile que si l’on a affaire à un homme ordinaire. Là, il s’agit d’un président en exercice, entouré d’une armada de communicants (plus d’une Brigitte attentionnée), faisant une allocution historique à un moment crucial pour le pays. A ce niveau ultra-communicationnel, la marge de détails non maîtrisés est réduite à zéro. Et une barbe naissante ne peut être qu’hyper-signifiante: un véritable sémaphore sémiologique.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

L’homme qui plantait des arbres

CultureArticle

L’homme qui plantait des arbres

Cette bande dessinée, inspirée par une nouvelle de Jean Giono, est tout à fait d’actualité. Elle raconte l’histoire d’un berger solitaire des Alpes de Haute-Provence qui, au début du 20e siècle, comprend que son pays meurt par manque d’arbres. Il décide donc d’en planter par milliers.

Patrick Morier-Genoud

Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère politique?

CultureCourrier des lecteurs

Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère politique?

Après son roman très remarqué «Le Mage du Kremlin», Giuliano da Empoli nous livre, dans cet «essai littéraire», une analyse aussi incisive que mémorable de la scène politique internationale. Compte rendu de rencontres entre puissants auxquelles il a assisté à différents titres, mise en garde contre l’insouciance avec laquelle nous accueillons les nouvelles technologies et réquisitoire contre l’inconscience de certains décideurs éblouis par les promesses des «conquistadores technologiques», l’ouvrage est imprégné d’humour et de cynisme.

Renato Weber

La subversion, joyeuse et insolente, excessive et sans concession  

CultureArticle

La subversion, joyeuse et insolente, excessive et sans concession  

La première édition de l’«Anthologie de la subversion carabinée» de Noël Godin a paru en 1988 à L’Age d’homme. La voilà revue et augmentée aux Editions Noir sur Blanc. Ce livre, à rebours de l’esprit de sérieux, ne s’adresse pas aux tièdes, les textes qui s’y trouvent ne craignent pas l’excès. C’est, comme son titre l’indique, «carabiné». Un remède contre la moraline.

Patrick Morier-Genoud