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Les six pompes, entre poésie et violence intellectuelle

Diana-Alice Ramsauer

Par Diana-Alice Ramsauer · Publié le 10 août 2018 · 5 min de lecture

Les six pompes, entre poésie et violence intellectuelle
Le collectif du détachement international du muerto coco ne nous guidera pas seulement vers la scène du spectacle, il nous emmènera aussi dans son histoire: quatre cousins dans une vielle maison, chez mamie Jane qui est aussi punk. - © Plage des 6 pompes

Les derniers comédiens, jongleuses, performeuses ou équilibristes de la plage des six pompes rangeront leur scène et réempaquèteront leur univers au plus tard demain, ultime jour du festival de rue à La Chaux-de-Fonds. La plage, c’est une dizaine de scènes éparpillées dans la ville et des performances extrêmement variées; des spectacles parfois très débutants (mais néanmoins divertissants), et d’autres qui égratignent l’esprit avec délectation pour de longs jours.

Sommaire

En faisant mousser une bière au robinet de sa tireuse mobile, une bénévole des six pompes nous dit: «La musique que vous entendez en arrière fond, c’est l’équipe de “Toy-Party” qui répète son spectacle. Ils rejouent ce soir, c’est incroyable!». Car le festival à La Chaux-de-Fonds, c’est aussi cela: des spectacles conseillés par des inconnus au détour d’un stand de nourriture indienne, des échanges d’impressions accoudé au bar ou des petits conseils dans l’éternelle file d’attente des toilettes pour femmes (particulièrement propres, il faut bien l’avouer).

Des quilles volent, des acrobates sautent, le public rit et applaudit, souvent assis par terre, devant les scènes. Il n’est pas composé uniquement de vieux hippies soixante-huitards ou de jeunes altermondialistes en béret: difficile de trouver une dénomination unique aux spectateurs et spectatrices. Et c’est tant mieux. Ils sont venus pour qu’on leur offre un peu de rêve (ou parfois juste pour boire des bières) et pour découvrir des artistes qui titillent des muscles de l’imaginaire, parfois inconnus.

Rituel de fin du monde

Au sortir d’un spectacle d’acrobatie où quatre artistes jouent à la fois du piano, jouent avec le public et exécutent des portés vertigineux, on nous arrête: «Vortex?» Nous sommes devant la fameuse fontaine aux 6 pompes au centre de la vieille ville chaudefonnière et le spectacle Toy Party va débuter. Il est 22h et des poussières, la nuit a déjà largement envahi les rues. On nous colle un tampon sur le bras: «Quand on démarrera, vous me suivrez. Vous êtes le groupe Vortex.» L’acteur se faufile dans la foule en tenant ce discours de personne en personne. Trois autres adoptent le même rituel, nous sommes alors séparés en quatre groupes. «Vortex? On y va!». Nous suivons le jeune homme.

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