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«Juges étrangers », l’argument des droits de l’homme ne suffira pas

Denis Masmejan

Par Denis Masmejan · Publié le 8 août 2018 · 7 min de lecture

«Juges étrangers », l’argument des droits de l’homme ne suffira pas
Jusqu’ici, ce sont surtout les défenseurs des droits de l’homme que l’on a entendus. Ce sont pourtant les milieux de droite qui feront la différence. - © DR (Photo: la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg)

Les défenseurs des droits de l’homme ont fait un impressionnant travail en amont pour préparer la campagne contre l’initiative de l’UDC «Le droit suisse au lieu de juges étrangers.» Mais attention quand même: c’est à droite que se jouera le sort de cette initiative. Les partisans du non seraient bien inspirés de mettre en avant désormais d’autres «narratifs» que les droits de l’homme, plus susceptibles de rallier un électorat qui reste sensible aux représentations traditionnelles de la souveraineté populaire. Et ces arguments existent...

Sommaire

Les Suisses voteront le 25 novembre sur l’initiative de l’UDC sur les «juges étrangers». Ce sera «tous contre l’UDC». La gauche, la droite classique, les milieux économiques, les syndicats, les militants des droits de l’homme, tous vont combattre ce texte. Encore faut-il savoir quels arguments utilisera cette vaste opposition, forcément hétéroclite, à l’initiative des nationalistes. Leur texte demande, rappelons-le, que les votes populaires constitutionnels l’emportent sur les traités internationaux ratifiés par la Suisse, même si ceux-ci n’ont pas été dénoncés.

Jusqu’ici, ce sont surtout les défenseurs des droits de l’homme que l’on a entendus. Une «Alliance de la société civile» fédérée par l’ONG «Facteur de protection D» a occupé très efficacement le terrain. En particulier sur les réseaux sociaux. Bien préparés, en avance sur les autres forces politiques – y compris sur l’UDC elle-même –, ces milieux ont réussi à imposer leur message.  Pour eux, l’initiative de l’UDC est avant tout une initiative «anti-droits humains». La première cible des nationalistes, c’est la Convention européenne des droits de l’homme.

Ce sont les électeurs de droite qui feront pencher la balance

L’engagement de ces organisations est évidemment aussi nécessaire que légitime. Il n’est pas question ici de le remettre en cause. Ce serait cependant une erreur tactique de ne pas faire entendre désormais et en priorité d’autres arguments dans la campagne qui s’annonce, plus susceptibles de convaincre à droite.

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