Réservé aux abonnés

Et si on parlait autrement de monnaie pleine (ou vide)?

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 12 mai 2018 · 7 min de lecture

Et si on parlait autrement de monnaie pleine (ou vide)?
Si le jeu est certes caricatural (comment simuler un système économique qui dépasse parfois les économistes eux-mêmes, en jouant au «jeu des familles»?), il apporte néanmoins un aspect intéressant à l’une des phrases qu’on entend régulièrement: notre société vit à crédit. - © Ondine Yaffi

Vendredi dernier, le 4 mai, avait lieu Balélec, le maintenant légendaire festival à l’EPFL. A quelques arrêts de métro, loin du brouhaha des scènes, s’organisait néanmoins une soirée jeu pas tout à fait comme les autres. Il est presque 18h à Zelig, le bar de l’UNIL et un petit groupe s’apprête à jouer au «Jeu de la monnaie», une manière ludique de parler d’argent, de systèmes économiques et pourquoi pas, de l’initiative «Monnaie Pleine». Suivons Diana-Alice Ramsauer et Ondine Yaffi, le temps de cette instructive soirée.

Mathieu Despont et Cédric Liardet, plusieurs jeux de cartes à la main, font face à
une vingtaine de curieux, dont nous faisons partie. Ils sont ingénieur et
architecte et se sont passionnés pour les questions monétaires, il y a quelques
années de ça (une dizaine d’années pour Mathieu). Ils ont été invités pour présenter ce jeu dans divers Masters
universitaires, dans des organisations revendiquant un système d’échange local
(SEL) et leur animation est particulièrement demandée avant la votation sur
l’initiative «Monnaie pleine».

Dans l’antre de l’Unil, Zelig, se tient une bien curieuse soirée ludique! © Ondine Yaffi

Expérimenter quatre systèmes économiques

Personne ne sait exactement en
quoi consiste ce «jeu de la monnaie». «Nous
essayons d’en dire le moins possible sur les jeux et surtout, nous ne nommons
pas les systèmes économiques au préalable pour ne pas influencer les gens», nous précise Mathieu Despont.

Nous
savons seulement que le jeu nous permettra d’éprouver et tester quatre modèles économiques représentés par quatre jeux.
Pas plus de détails. «Notre but est de provoquer une réflexion sur la
«monnaie» et ses conséquences pour proposer des solutions (vers une
économie plus humaine)», expliquera
l’ingénieur plus tard.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Non, défendre la neutralité suisse ne fait pas de vous un agent du Kremlin

GéopolitiqueArticleLibre

Non, défendre la neutralité suisse ne fait pas de vous un agent du Kremlin

Alors que la votation du 27 septembre prochain sur l’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse» approche, une offensive médiatique et politique se déploie pour assimiler ses défenseurs à des relais du Kremlin. L’image IA diffusée par l’élu suisse Philippe Nantermod (PLR) montrant Poutine embrasser la Suisse en est l’illustration. Derrière la dénonciation de l’«ingérence russe», se joue un débat plus profond, celui de la crédibilité de la neutralité helvétique depuis 2022 et du droit de critiquer le narratif dominant sans être taxé de pro-Poutine.

Martin Bernard

L’identité numérique, miracle ou mirage?

GéopolitiqueArticle

L’identité numérique, miracle ou mirage?

Le 28 septembre, les Suisses se prononceront à nouveau sur l’identité numérique (e-ID). Cette fois, le Conseil fédéral revient avec une version révisée, baptisée «swiyu», présentée comme une solution étatique garantissant la souveraineté des données. Mais ce projet, déjà bien avancé, suscite des inquiétudes quant à son coût, sa gestion, son manque de conscience écologique et ses implications pour la vie privée. A l’approche de la votation, les questionnements s’intensifient.

Anne Voeffray

La neutralité, la gauche et la guerre

GéopolitiqueArticle

La neutralité, la gauche et la guerre

La gauche suisse, historiquement porteuse des luttes pour la paix, se retrouve divisée face à l'initiative sur la neutralité. Tandis que PS, Verts et SolidaritéS rejoignent une union sacrée avec la droite et les milieux économiques pour la combattre, une minorité pacifiste et internationaliste y voit au contraire un outil de non-alignement face aux impérialismes. Entre désir de sanctions, dépendance croissante à l'OTAN et bons offices oubliés, cette fracture interroge: comment les gauches peuvent-elles retrouver un chemin commun vers la paix?

Anne Voeffray

«En cas de guerre contre la Russie, la Suisse prendra parti aux côtés des Etats membres de l’OTAN»

GéopolitiqueArticle

«En cas de guerre contre la Russie, la Suisse prendra parti aux côtés des Etats membres de l’OTAN»

Le journaliste alémanique Rafael Lutz a publié, le 19 août 2026, un livre qui fait couler beaucoup d’encre: «Das NATO-Netzwerk in der Schweiz». A l’aide de documents obtenus en vertu de la loi sur la transparence, il décrit un réseau de fonctionnaires, d'experts et de journalistes qui œuvrent au rapprochement méthodique de la Suisse avec l'OTAN. Après l'intervention de l'avocate d'une haute fonctionnaire visée par un chapitre, les grands libraires alémaniques ont retiré le livre de la vente. Aucune décision de justice n'a été rendue. A trois semaines du vote sur l'initiative pour la neutralité, Rafael Lutz livre ici sa première interview dans un média romand.

Martin Bernard