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Une performance cubaine contre la peur

Joséphine le Maire

Par Joséphine le Maire · Publié le 26 janvier 2018 · 5 min de lecture

Une performance cubaine contre la peur
#00Bienal de La Habana - © vidéo de lancement de l'événement.

A Cuba, la 13e Biennale de La Havane devait avoir lieu en 2018 (du 5 octobre au 5 novembre) mais elle a été annulée. Enfin, postposée à 2019. Le Ministère de la Culture, le Conseil National des Arts Plastiques et le Centre Wifredo Lam invoquent les dégâts causés par l’ouragan Irma pour déplacer cet événement.

En réponse à cette annulation, l’artiste Luis Manuel Otero Alcántara et la curatrice Yanelys Nuñez Lleyva ont lancé le 19 novembre dernier le projet artistique indépendant #00Bienal de la Habana, parce que l’art est essentiel dans ces moments difficiles pour le pays où le désespoir n’est jamais très loin. Cette biennale indépendante et démocratique veut favoriser la collaboration entre différents artistes de tout âge, nationaux et internationaux, dans un espace d’échange et de dialogue, précise El Estornudo. Son slogan De lo oficial a lo inescrupuloso (littéralement: De l’officiel au sans scrupule) est directement lié à la naissance du projet: contourner les canaux officiels de création si ceux-ci sont inhibiteurs.

Décision est prise: la #00Bienal de La Habana aura lieu du 5 au 15 mai 2018. C’est une victoire parce que rien n’était moins sûr jusque là. La manifestation indépendante fait en effet polémique et ses organisateurs ont été confrontés à plusieurs obstacles, qui renforcent leur conviction que l’événement doit avoir lieu. A vrai dire, il a déjà commencé.

Menés de Charybde en Scylla

Ce n’est pas la première fois que les projets artistiques de Luis Manuel Otero Alcántara dérangent les autorités. Il avait déjà été interpellé par la police pour son projet «Le Musée de la Dissidence» dans lequel sont réunies des figures cubaines dissidentes, qui se sont un jour rebellées contre les doctrines politiques du pays. Ensuite, en septembre dernier, la police a accusé l’artiste d’être en possession d’armes à feu, accusations formulées sur base des photos trouvées sur les réseaux sociaux. En réalité, il ne s’agissait que d’armes artificielles, de sculptures artistiques réalisées pour une performance. Ces interpellations l’ont-elles rendu plus docile? Non.

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