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Mario Cortesi «La presse écrite va survivre!»

Publié le 17 janvier 2018 · 8 min de lecture

Mario Cortesi «La presse écrite va survivre!»
Les premiers membres du Bureau Cortesi en 1967 (2 ans après sa création) avec son créateur Mario Cortesi (4e à gauche, le seul avec une cravate), Peter Rothenbühler (3e depuis la droite) et Franck A. Meyer (2e à droite) - © DR

Début février, l’hebdomadaire gratuit bilingue «BIEL BIENNE», qui tire à plus de 100'000 exemplaires, fêtera ses 40 ans. Malgré ses doutes et ses critiques à l’encontre de l’évolution du métier de journaliste, son créateur Mario Cortesi pense que la presse écrite peut encore avoir de beaux jours.

Sommaire

C’est une maison jaune adossée à la colline et les pieds dans l’eau. A la sortie de Bienne, sur la route en direction de Neuchâtel, au 140, ce bâtiment de deux étages est depuis plus d’un demi-siècle le siège d’un des plus vieux bureaux de presse indépendants du pays. Il porte le nom de son principal créateur, Mario Cortesi: le «Bureau Cortesi». Se relancerait-il aujourd’hui dans une telle aventure? «Non. Le paysage médiatique a totalement changé. A l’époque, le journalisme d’investigation n’existait pratiquement pas en Suisse. Les bureaux de presse indépendant étaient inexistants. En 1965, lors de la création du bureau, nous étions si enthousiastes que nous croyions avoir réinventé le journalisme. Nous nous retrouvions chaque matin à 6 heures pour prendre le petit-déjeuner et discuter de ce que nous pourrions produire dans la journée.»

Sous écoute

En réalité, le 20 septembre 1965, ils étaient quatre à se lancer dans cette aventure: Mario Cortesi, donc, mais aussi son éternel compère Ludwig Hermann, Guido Noth et Ella Sollberger, qui vient de décéder. Leur but initial était d’assurer leur revenu professionnel au moyen d’une caisse et d’une infrastructures communes. Chaque jour, ils produisaient une page d’actualité régionale dans le journal bâlois Nationalzeitung. «Nous étions sans limites et capables de réveiller un conseiller fédéral à minuit pour avoir sa réaction. Rudolf Knägi disait de nous: « Ce sont les diables »», s’amuse-t-il. Plus tard, le chef du département fédéral de Justice et Police Kurt Furgler avait d’ailleurs donné son feu vert pour mettre sur écoute certains journalistes du Bureau Cortesi, surveiller leur courrier et même glisser des micros dans la salle de conférence…

En 1971, Mario Cortesi (avec l’appareil photo) et Franck A. Meyer. © DR

Séance matinale

A bientôt 78 ans, ce Biennois aux ascendances italiennes conserve une inextinguible foi dans sa profession. Tous les matins avant 7 heures, il est le premier à ouvrir les portes de son antre, invariablement tiré à quatre épingles. Dans la salle de conférence aux murs décorés d’affiches de films originaux, surtout de Charles Chaplin, autour d’une vaste table en bois, il dirige chaque matin la «conférence», à savoir la séance de rédaction quotidienne. Elle débute systématiquement…. à 7 heures 45 précises, heure à laquelle certains journalistes aimeraient pouvoir enfin se coucher!

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