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Le Hezbollah, entre résistance armée et enseignement social

Sophie Woeldgen

Par Sophie Woeldgen · Publié le 6 janvier 2018 · 6 min de lecture

Le Hezbollah, entre résistance armée et enseignement social
Quartier pauvre à proximité de l'aéroport, une grande école al-Mahdi est implantée à Ouzaï. Il n'est pas permis de photographier les bâtiments des écoles du Hezbollah. - © Sophie Woeldgen / Bon pour la tête

Depuis 25 ans, le parti chiite libanais construit ses écoles et développe ses instituts d’études supérieures. Actions philanthropiques dans un pays aux infrastructures insuffisantes? ou consolidation de son idéologie par de nouvelles institutions? Les «écoles du Hezbollah» semblent dans tous les cas être protégées comme un secret d’état.

Sommaire

«Si nous sommes aussi compliqués d’accès, c’est que nos écoles sont toujours analysées d’un point de vue politique et non pas académique», argumente l’interlocutrice du service de presse du Hezbollah. Avant de renchérir: «Même nos hôpitaux ont été mis sur la liste des organisations terroristes. Nous sommes paranos sur notre communication car nous ne voulons pas être vu ainsi. Et puis, on ne sait jamais. Vous êtes peut-être un agent du Mossad.»

Par la voie officielle, impossible d’obtenir une quelconque information. Les «écoles du Hezbollah»? «Non, je n’en ai jamais entendu parler.» Voilà la réponse unanime dans les quartiers du «Beyrouth-Est», le «Beyrouth chrétien». Au Liban, alors que le Hezbollah est bien connu pour fournir et organiser une grande partie des infrastructures présentes dans les quartiers sud et paupérisés de la capitale, son action éducative reste largement inconnue.

La main droite sur le cœur

Le rendez-vous a été obtenu avec difficulté. De son nom et de sa position, il ne dira rien. L’homme est calme. L’expression, indéfinissable. La tête est droite, la barbe grisonnante est parfaitement taillée. Assis au fond de son fauteuil, sous le portrait de Hassan Nasrallah, il nous salue la main droite sur le cœur. Puis, allume une toute fine cigarette, de sa main ornée d’une bague à l’imposante pierre orange. «Le Hezbollah est un parti politique élu du peuple, qui comprend différentes composantes et qui est très différent de l’image de combattants et de tueries véhiculée en Europe», tient-il à préciser avant de répondre à la première question de l’entretien.

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