La main de l’Homme responsable du désastre en Sierra Leone


Depuis la coulée de boue du 14 août qui a avalé des pans de Freetown et tué plus de 400 personnes, on accuse Mère nature. Lansana Gberie, journaliste et chercheur, parle lui de négligence dans le «New York Times». Une tribune reprise par plusieurs médias sierra-léonais.
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«La tragédie incombe entièrement à l’Homme», publiait hier Voice of Binkongoh, site web indépendant, et aujourd’hui le Sierra Leone Telegraph. Nombreux médias du pays les ont suivi en partageant sur leur réseau l’article du New York Times signé par Lansana Gberie – auteur de «A Dirty War in West Africa: The R.U.F. and the Destruction of Sierra Leone». Dans cette colonne du célèbre journal américain, le scientifique du programme de prévention des conflits en Afrique à l’Institut des études de sécurité (ISS) d’Addis-Abeba assure que la calamité qui a meurtri les habitants de la capitale n’était pas qu’une simple catastrophe naturelle, comme il avait été dit. «C’était choquant mais pas totalement surprenant», ajoute-t-il.
Lansana Gberie, scientifique, journaliste et auteur de «A Dirty War in West Africa» paru en 2005.
Des mesures à prendre
A peine remis d’une épidémie du virus Ebola, la Sierra Leone replonge dans l’urgence. «C’est le moment pour le chagrin et l’entre-aide… mais également le temps pour le gouvernement de prendre des mesures radicales afin de s’assurer qu’un désastre semblable ne se reproduise plus», écrit Gberie. Il en est sûr. Sans changement, un cataclysme comme celui qui a touché Freetown le 14 août dernier va se reproduire.
Car la coulée de boue a été causée par une série d’activités humaines délibérées, non par le changement climatique qui a bon dos. Sugerloaf, la montagne qui surplombe Freetown, avec sa végétation luxuriante fait partie d’une zone protégée, la Western Area Forest Reserve. Après l’aménagement de villages au XIXe siècle, puis des résidences destinés aux riches européens pour fuir la malaria, le boom dans les années 2000 a vu de nombreuses habitations être érigées, dégradant le secteur. «La forêt tropicale humide qui fournissait la couverture protectrice pour la ville en-dessous a été détériorée par ces constructions».


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