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L’étude qui tombe à point nommé pour l’armée suisse

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 4 juin 2026 · 12 min de lecture

L’étude qui tombe à point nommé pour l’armée suisse
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Le rapport «Sécurité 2026», paru le 26 mai dernier, présente une image flatteuse de l'armée suisse, ceci précisément au moment où le pays s'apprête à voter sur le service civil et débat d'une augmentation du budget militaire. Coïncidence? Peut-être. Mais la proximité entre les organisations qui l’ont réalisé et le Département fédéral de la défense incite à la prudence.

Sommaire

Un nombre toujours plus important de Suisses estime que les dépenses en matière de défense sont insuffisantes. L’image de l’armée est bonne et une majorité de la population se dit favorable à un rapprochement avec l’OTAN. Telles sont les principales conclusions de l’étude «Sécurité 2026», publiée la semaine dernière.

L’image qui s’en dégage est largement favorable à l’armée. Elle conforte la proposition du Conseil fédéral d’augmenter la TVA de 0,8 point afin de financer les dépenses d’armement. Elle pourrait également peser dans la balance lors de la votation du 14 juin 2026 sur la restriction de l’accès au service civil, destinée à renforcer les effectifs de l’armée. Il s’agit d’une étude annuelle, habituellement rendue publique en juin. Cette année, le calendrier de publication est particulièrement opportun. De quoi alimenter les soupçons de collusion avec l’agenda militaire du gouvernement?

Conflits d’intérêts structurels

Une chose est sûre: l’étude s’inscrit dans un contexte de proximité institutionnelle et présente un risque de conflits d’intérêts. Elle est réalisée par l’Académie militaire (ACAMIL) en collaboration avec le Center for Security Studies (CSS) de l’EPFZ, deux institutions entretenant des liens étroits avec l’armée suisse. L’ACAMIL n’est pas un institut universitaire classique, mais une unité administrative des forces armées, dont le siège se trouve dans une caserne militaire. Le CSS, pour sa part, bénéficie du soutien financier du DDPS depuis sa fondation, en 1986. Plusieurs millions de francs lui sont octroyés chaque année sous la forme d’un crédit-cadre.

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