L’actualité, proche et tragique, ou spectaculaire et géopolitique, a éclipsé l’évènement. Parlant lui aussi. Le terrorisme a plongé une partie de Berlin dans le noir: le groupe d’extrême-gauche Vulkan a incendié un centre de distribution électrique dans la nuit du 3 au 4 janvier. Les Berlinois se demandent comment on a pu en arriver là. Un point noir de plus sur le tableau du déclin de l’Allemagne?
Entre quarante et cinquante mille Berlinois et deux mille entreprises, soudain privés de courant. Et il a fallu près d’une semaine pour que tous soient à nouveau raccordés. Hôpitaux, hôtels et écoles s’en sont sortis grâce aux groupes électrogènes. Mais il en manquait, car beaucoup ont été livrés à l’Ukraine. Les habitants touchés ont pu être accueillis dans des logements d’urgence. Pour ceux qui ont préféré rester chez eux malgré tout, l’armée a installé devant leurs maisons des cuisines de campagne. On imagine le désarroi. Et la colère.
L’incendie est aussi politique. Les reproches et les questions pleuvent. Le maire de Berlin est accusé d’avoir tardé quelques heures à déclencher le branle-bas des mesures. Quant au chancelier allemand, si prompt à évoquer les problèmes de sécurité, quatre jours après, il n’avait pas eu un mot sur le sujet. La question qui agite le pays est chaude: comment se peut-il que les diverses polices n’aient pas pu mettre hors d’état de nuire un groupe terroriste connu depuis 2011? Il a revendiqué depuis lors plusieurs attentats, déjà contre des installations électriques, un centre ferroviaire, contre un institut étudiant le traçage numérique, contre un autre quartier de la ville en septembre dernier avec une panne d’éclairage de trois jours. Et, surtout, contre un pylône de la gigafactory de Tesla, à Grünheide, près de Berlin, en mars 2024, provoquant l’arrêt de la production et des pertes évaluées à plusieurs centaines de millions d’euros.





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