On nous annonce une révolution avec l’arrivée invasive et fulgurante de l’IA dans nos vies, nos modes d’apprentissage et de production et, surtout, la mise à disposition de l’information immédiate et «gratuite» sans effort, objet central ici. Or nous ne mesurons aucunement ce que cela signifie vraiment.
Un apophtegme dit «tout ce que l’on sait on finit par le rencontrer». Or il est très probable que nous n’ayons jamais su ni même imaginé ce qui se dessine devant nous avec le développement de l’intelligence artificielle. Il ne s’agit pas d’une révolution mais de ce qu’en mathématique on appelle une «catastrophe», une forme de transition de phase radicale. C’est-à-dire le passage d’un état à un nouvel état sans que le deuxième n’hérite quoi que ce soit du premier.
Triptyque de la problématique
Considérant que nous sommes issus d’une longue histoire qui vient de la nuit des temps. Une évolution où la quête vitale de l’Homme consistait en deux uniques objets: l’énergie pour son homéostasie et l’information pour survivre dans une nature hostile.
L’acquisition de l’information présupposait le parcours d’un chemin, une pratique de mentorat, une observation, une expérience, un apprentissage, des échecs, des essais et erreurs, et un sens critique. La paléoanthropologie nous apprend que le chemin parcouru pour accéder à l’information est aussi important que l’information elle-même. Que veut dire une information qui vous parvient sans ce qui précède? De quoi est le nom de cette «économie de l’attention et de l’engagement». Une production d’informations qui inonde l’homme, l’hypnotise, peut-être le rend colonisable voire «puçable» nous dit-on.
Et donc, avons-nous consulté des paléoanthropologues?






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