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Souvenirs et pieds de nez à l’histoire

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 9 mai 2025 · 3 min de lecture

Souvenirs et pieds de nez à l’histoire
Mai 1945: des soldats de l'Armée rouge devant la Porte de Brandebourg, à Berlin. - © DR

Les commémorations actuelles de la fin de la Seconde guerre mondiale, il y a huitante ans, excluent toute présence de la Russie, aujourd’hui honnie. Pourtant, son apport énorme à cette lutte fut décisif et payé de 27 millions de vies, militaires et civiles. C’est une honte de l’oublier.

Ces jours, Berlin et d’autres villes européennes commémorent la fin de la Seconde guerre mondiale, il y a huitante ans le 8 mai. Délicats et douloureux souvenirs pour l’Allemagne. Plusieurs expositions et débats rappellent ce tournant de son histoire. Avec un souci: exclure toute présence de la Russie et de ses drapeaux, formellement interdits. Alors que les Soviétiques ont perdu plus de 80 000 hommes pour la bataille de Berlin. En revanche, et c’est légitime, il est abondamment rappelé que l’avance des troupes rouges a été accompagnée de violences et d’humiliations envers la population. Rappelé aussi que ces derniers mois de guerre ont vu l’exode forcé de quatorze millions d’Allemands des territoires qu’ils occupaient depuis des siècles au nord de la Pologne, à Königsberg et dans l’actuelle Tchéquie. Tous ces hommages ont leur dignité mais constituent, dans l’hystérie antirusse d’aujourd’hui, une sorte de pied de nez à l’histoire. Sans la résistance inouïe de l’URSS à la tentative de son envahissement par le Reich hitlérien, on peut imaginer ce que l’Europe brunie serait devenue. La puissance rouge a payé pour cela 27 millions de vies, militaires et civiles. C’est une honte de l’oublier. 

Comme ce serait impardonnable d’ignorer l’effort déterminant, matériel et humain, des Etats-Unis d’Amérique. Avec 185 000 soldats tués en Europe, sur un total de 416 000 dans le monde, entre 1942 et 1945.

Le rôle ambigu de l’Ukraine

En ce 8 mai 2025, la Grande-Bretagne commémore à bon droit son engagement, si important, dans la lutte antihitlérienne. Elle y a perdu 380 000 soldats. Et 30 000 civils dans les bombardements allemands sur son sol. Mais voilà qu’à ce souvenir elle a cru bon d’ajouter aujourd’hui une provocation: elle a invité aux cérémonies un détachement militaire d’Ukraine. Alors que ce pays, divisé, ravagé aussi par la guerre, a fourni des hommes aux deux camps. Enrôlés dans les troupes soviétiques, engagés par ailleurs – pour environ 300 000 d’entre eux – dans l’appui au Reich. Notamment la 14e division Waffen-SS Galicie, des policiers auxiliaires ukrainiens (environ 35 000), ainsi que d’autres formations militaires et paramilitaires créées ou tolérées par les nazis. Engagement célébré aujourd’hui encore par les ultranationalistes, à travers insignes et noms de rues. Et le président Zelensky qui se permet de menacer la célébration du 8 mai à Moscou…

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