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Wolinski, un art de vivre consolateur

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 4 avril 2025 · 2 min de lecture

Wolinski, un art de vivre consolateur

«Anthologie», Wolinski, Les Cahiers Dessinés, 160 pages.

Il y a bien sûr les formidables dessins de Wolinski. Les premiers, ceux des années 1950 et ceux faits alors qu’il effectue son service militaire en Algérie. Et bien d’autres, publiés ensuite dans Hara-Kiri, Charlie Hebdo, France Soir, L’Humanité, Le Nouvel Observateur… Jusqu’à sa mort, le 7 janvier 2015, lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Il y a aussi, dans cette formidable anthologie, l’intelligent texte de Pacôme Thiellement, Georgie et son double. «Wolinski, c’est un art de vivre. Etre drôle dans la tristesse, égoïste dans la générosité, lubrique dans la sentimentalité, bourgeois dans le communisme (ou communiste dans la bourgeoisie), fidèle dans la compromission (ou compromis dans la fidélité).» En regardant les dessins de Wolinski, en se remémorant sa vie et son œuvre, on s’aperçoit qu’aujourd’hui le monde s’est crispé, que les positions se sont figées. Il y a d’un côté le bien, de l’autre le mal, et pas d’entre deux, pas de place pour la nuance, pour la réflexion. Bien sûr, c’était déjà le cas dans les années 1960-1970, mais dans une moindre mesure, et jamais chez Wolinsky. «Il dessine comme on parle tout seul, explique Pacôme Thiellement. Comme on s’excuse d’exister. Comme on se prétend solide alors qu’on n’en mène pas large. Comme on tombe et se rattrape. Comme on drague péniblement une femme qui nous désire déjà… Il nous console de ne pas connaître notre bonheur, et de ne pas nous connaître tout court. Il nous console de parler politique et de ne penser qu’au sexe. Il nous console même d’en parler plus qu’on ne le fait.» Wolinski, on l’a dit, est mort assassiné dans les locaux de Charlie Hebdo. Son père, Siegfried, un juif polonais, s’était lui fait assassiné en 1936 dans sa ferronnerie d’art, à Tunis, par un manœuvre italien qu’il avait renvoyé. 

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