Réservé aux abonnés

Femme libre, Lidia Poët, entre réalité et fiction

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 10 janvier 2025 · 2 min de lecture

Femme libre, Lidia Poët, entre réalité et fiction

«Lidia fait sa loi», Guido Luculano et Davide Orsini, Netflix, deux saisons de six épisodes.

Sommaire

Lidia Poët a fait des études de droit mais elle n’a pas le droit d’exercer le métier d’avocate, empêchée par une décision de la cour d’appel de Turin en novembre 1883. C’est le début de la série, inspirée par des faits réels, Lidia Poët ayant réellement existé. Cette avocate italienne, née en 1855 et morte en 1949, se consacrera à la défense des personnes marginalisées et se battra pour le droit de vote des femmes; elle ne sera officiellement admise au barreau qu’en 1920. La série est bien faite, le Turin de la fin du XIXe siècle bien reconstitué, si ce n’est que tout est très – trop – propre, tant les lieux que les costumes. Lidia est une bourgeoise qui semble vivre sans soucis d’argent, hébergée par son frère, lui-même avocat, qu’elle entraine dans la défense des démunis et des démunies. Lidia Poët est très sympathique car elle a un caractère de cochon. Elle ne se laisse pas impressionner par l’autorité, elle refuse le mariage, a des amants. Chaque épisode propose une intrigue à résoudre. Une intrigue toute simple, qui ne prend pas la tête du spectateur, celle de la spectatrice non plus. C’est tout à fait distrayant, Lidia est une vraie héroïne, les personnages masculins sont là pour la mettre en valeur, ça change agréablement des nombreuses productions cinématographiques où c’est l’inverse. Ajoutons encore qu’il y a beaucoup d’humour dans Lidia fait sa loi et qu’une fois qu’on a vu les deux premières saisons, on attend la troisième avec une agréable impatience. Peut-être finira-t-elle par croiser Nietzsche à Turin. En tout cas, le «ce qui ne me tue pas me rend plus fort» du philosophe fait une bonne devise pour Lidia Poët, pour autant qu’on la mette au féminin.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard