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Pourquoi le secret fiscal suisse a été démantelé

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 16 février 2024 · 2 min de lecture

Pourquoi le secret fiscal suisse a été démantelé
Le siège de la Banque cantonale bernoise le 1er août. - © JoachimKohler-HB - CC BY-SA 4.0

Le livre d’Emmanuel Todd, «La défaite de l’Occident» connaît un grand succès. Et pour cause, il apporte un regard original sur l’évolution du monde ces dernières décennies, sur des bases documentées et chiffrées. Il consacre un étonnant passage à la Suisse. De quoi au moins stimuler la réflexion. Citation.

«La Suisse, quand elle était le paradis fiscal des riches Européens présentait certes un problème aux divers gouvernements de gauche, partout en Europe. Elle assurait quand même l’indépendance de nos oligarchies vis-à-vis des Etats-unis. Un européisme convaincu mais réaliste, résigné à la nature oligarchique de l’Union, devrait militer pour protéger ou, mieux, réhabiliter la Suisse en tant que paradis fiscal, plutôt qu’aider les Américains à faire pression sur les banques de la Confédération pour qu’elle révèlent leurs secrets s’il en reste. En aucune manière il ne devrait se réjouir de voir les Suisses payer des amendes à la Réserve fédérale (Fed) pour des agissements qui sont des vétilles si on les compare à ceux des institutions financières américaines(…) Il est clair que du point de vue américain, briser la Suisse était essentiel pour tenir les oligarchies européennes. Si 60% de l’argent des riches Européens (proportion donnée par Zcman) fructifient sous l’œil bienveillant d’autorités supérieures situées aux Etats-unis, on peut considérer que les classes supérieures européennes ont perdu leur autonomie mentale et stratégique. Mais le pire, leur surveillance par la NSA, restait à venir (…) Je ne pense pas que les riches qui ont commencé à déposer leur argent dans les paradis fiscaux anglo-saxons aient compris tout de suite qu’ils se plaçaient sous l’œil et le contrôle des autorités américaines. Une prise de conscience a certainement commencé quand ont été révélés les agissements de la National Security Agency (NSA), aussi ancienne que la CIA, mais qui, avant Internet, n’avait pas une telle importance. La NSA s’est spécialisée dans l’enregistrement des communications, construisant par exemple, pour plus de 3 milliards de dollars, un « data center » monumental dans l’Utah.»

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