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Hommage à Dick Marty et John Pilger

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 5 janvier 2024 · 6 min de lecture

Hommage à Dick Marty et John Pilger
© COE

Il me semble utile de revenir sur la mort de Dick Marty. D’une part parce que les hommages qui lui ont été rendus n’ont pas été à la hauteur de ses mérites. Mais aussi parce que je m’en veux de ne pas avoir tenu ma promesse de lui rendre visite au printemps dernier.

Comme c’est souvent le cas, les éloges funèbres servent souvent davantage à vanter les mérites de ceux ou celles qui les font qu’à souligner les qualités du défunt. J’ai peu connu le Marty procureur, le Marty conseiller d’Etat et le Marty conseiller aux Etats, sinon par ce qu’en disait la presse à l’époque. Mais je me suis beaucoup intéressé au Marty rapporteur du Conseil de l’Europe sur les prisons secrètes de la CIA et sur l’ignoble trafic commis par l’UCK pendant la guerre du Kosovo. Deux causes qui ont profondément marqué le dernier tiers de sa vie et qui n’ont été que peu rappelées par les médias. La troisième, qui lui tenait très à cœur et qui a également été passée sous silence, était son engagement citoyen, au service d’initiatives populaires comme celles sur les multinationales et la microtaxe. 

Ces dernières années, nous nous étions fréquentés dans le comité en faveur de la microtaxe, dont il était aussi membre, et par des échanges de courriels suite à sa réclusion forcée sous protection policière après l’abracadabrante affaire de tentative d’assassinat que des extrémistes serbes auraient ourdie pour faire accuser les Kosovars, tentative qui avait suivi de quelques semaines l’incarcération du leader et bourreau kosovar Hacim Thaci par la Cour pénale internationale. Une histoire dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas claire.

Notre dernier échange date de fin février dernier. J’avais promis d’aller le voir au Tessin pour évoquer son dernier livre (Sous haute protection, Favre), après le retour d’un voyage en Amérique du Nord. Projet qui n’a jamais vu le jour à cause d’une procrastination coupable dont je me repends aujourd’hui. On croit que les gens sont éternels et on perd son temps jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

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