Conflit israélo-palestinien: «Nous assistons en Tchéquie à la plus grande vague de racisme depuis l’expulsion des Allemands»

Par Antoine Thibaut · Publié le 27 octobre 2023 · 1 min de lecture

Conflit israélo-palestinien: «Nous assistons en Tchéquie à la plus grande vague de racisme depuis l’expulsion des Allemands»
Jakub Patočka, rédacteur en chef du journal indépendant tchèque "Deník Referendum". - © DR

Tel est le titre de une dans «Le Courrier d’Europe centrale». Il cite le propos du journaliste Jakub Patočka, rédacteur en chef du journal indépendant «Deník Referendum». Après avoir exprimé son émotion devant les souffrances d’Israël agressé le 7 octobre, dit aussi celle que lui inspirent les bombardements et l’étouffement de Gaza, il fait un constat qu’il juge alarmant.

Les Tchèques, massivement pro-israéliens, n’acceptent plus aucune nuance, plus aucune réflexion. Dans certains milieux c’est une véritable haine anti-palestinienne qui se répand. «La République tchèque, écrit-il, est un exemple particulier de démocratie occidentale défaillante. Nous assistons actuellement en Tchéquie à la plus grande vague de racisme depuis l’expulsion sauvage des Allemands en 1945. C’est d’autant plus grave que les discours de haine d’aujourd’hui ne sont pas provoqués par une expérience personnelle, mais par un flux incessant d’informations incomplètes, sommaires et manipulatrices.» Il précise: «Les médias tchèques ne parlent pas de manière factuelle et informative d’Israël comme de l’Etat d’apartheid qu’il est, de l’épuration ethnique qu’il pratique, ni même des territoires palestiniens occupés comme des territoires palestiniens occupés.»

Paradoxe: Denik Referendum est le journal tchèque qui, ces dernières années, s’est le plus préoccupé de l’agitation au Moyen-Orient. «J’ose dire, écrit Jakub Patočka, qu’aucun autre journal de notre pays n’a publié autant de traductions d’auteurs israéliens que nous. Nous sélectionnons soigneusement les textes des meilleurs journalistes. C’est une caractéristique étrange du non-débat tchèque sur le Moyen-Orient qu’après la publication de ces voix israéliennes et juives qui remettent radicalement en question les sophismes habituels, généralement considérés comme des vérités ici, nous sommes régulièrement accusés d’antisémitisme sur les médias sociaux. Si ce n’était pas terrible, ce serait drôle.»


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