Merveille d’une rencontre amicale posthume en un lieu que tous deux ont su magnifier en beauté et en douceur: Philippe Jaccottet et Italo De Grandi se retrouvent, avec une septantaine d’aquarelles magnifiques et des textes choisis reproduits sur les murs, à l’enseigne de l’exposition simplement intitulée «Grignan», à voir absolument ces jours et mois prochains à l’Atelier De Grandi de Corseaux, maison à elle seule mythique signée Alberto Sartoris.
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Les notions d’harmonie et d’accord parfait, de connivence humaine et de consonance créatrice s’imposent au parcours de l’immense petite exposition présentée, avec un soin extrême dans l’accrochage et la documentation rassemblée, en un lieu qui symbolise lui-même la fusion de la nature et de la culture, sur ces rives veveysanes où, en 1939, la villa-atelier du peintre Italo De Grandi fut construite, en style international emblématique, par le fameux architecte Alberto Sartoris. Ecrin idéal pour accueillir, en dialogue pictural et poétique, les évocations d’un autre lieu préservé du tapage du monde, entre lavandes et beaux vieux murs, intense de présence immanente, résumé en un seul nom: Grignan.
Lié à ceux de Philippe Jaccottet et de Madame de Sévigné qui en habita le château, le nom de ce village de la Drôme sans rien de trop exceptionnel en apparence englobe à la fois une région qu’on pourrait dire le seuil du nord et du sud dont la lumière et les parfums «sentent» déjà la Provence sans l’être encore tout à fait, à l’est de la montagne plus âpre de Giono et au nord des sorgues de René Char, avec une lumière particulière et un «ton», une «musique» silencieuse que les poèmes en prose de Philippe Jaccottet, avant les aquarelles d’Italo De Grandi, ont évoqués avec maintes résonances parfois explicites.
Un contrepoint avec «figures absentes»
C’est d’ailleurs sous le signe des «résonances» que les fils d’Italo De Grandi, Pierre et François, ont placé les cinquante premières pages du très remarquable catalogue consacré à l’exposition, où dialoguent, sans autres commentaires, les aquarelles de l’artiste et des fragments de proses poétiques du poète choisis par José-Flore Tappy (la spécialiste qui a dirigé l’édition de Jaccottet dans la Pléiade), tirés notamment du Cahier de verdure, de La Promenade sous les arbres ou de Pensées sous les nuages, de La Semaison ou des Chants d’en bas avec, à chaque fois, la mention précise de la place du morceau dans les Œuvres. On ne saurait être plus rigoureux, sans empiéter sur la liberté du lecteur-visiteur…






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