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Comment l’Arabie saoudite drague les chercheurs

Par Antoine Thibaut · Publié le 21 avril 2023 · 3 min de lecture

Comment l’Arabie saoudite drague les chercheurs
© National Cancer Institue via Unsplash

Les uni­ver­si­tés du monde en­tier font tout pour bien se pla­cer dans les ran­kings in­ter­na­tio­naux, à commen­cer par ce­lui de Shan­ghai. Celles d’Ara­bie saoudite ont trou­vé une com­bine: elles pro­posent à des cher­cheurs d’autres pays de s’as­so­cier à elles pour éle­ver leur cote. Le quo­tidien «El País» ra­conte comment des som­mi­tés es­pa­gnoles ont été ain­si raco­lées.

La chi­mis­te Mira Pe­tro­vic de l’Ins­ti­tu­to Ca­ta­lán de In­ves­ti­ga­ción del Agua, à Gi­ro­na, a reçu une pro­po­si­tion de la San­té ro­ya­le de Riyad: 70’000 eu­ros sur son com­pte à con­di­tion qu’elle in­di­que cet­te ins­ti­tu­tion com­me son lieu de tra­vail à côté de ce­lui de Ca­ta­log­ne. Elle a re­fu­sé. Son col­lègue Ra­fael Luque, lui, a ac­cep­té la ma­ni­pu­lation dès 2019. Son em­ployeur, l’uni­ver­si­té de Cor­do­ba, l’a fort mal pris et l’a congé­dié. Ce qui l’a fait for­te­ment ré­tro­gra­der dans le ran­king de Shan­ghai. Un autre chi­miste, Da­mia Bar­ce­lo, qui a pu­blié plus de 1’600 études, di­rec­teur de l’Ins­ti­tut ca­ta­lan spé­cia­li­sé dans l’étude de l’eau, a quant à lui de­puis long­temps un pied à Riyad. Il ne pré­cise pas le mon­tant de son contrat, mais il a reçu un chèque de 120’000 eu­ros des mains du roi Salman bin Ab­du­la­ziz et de­mande 2’000 eu­ros pour une confé­rence. Tous frais lar­ge­ment payés bien sûr. «C’est la condi­tion pour al­ler pré­le­ver des échan­tillons d’eau en Ara­bie», se jus­ti­fie le pro­fes­seur.

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