Les joyeusetés de la vie digitale en Chine

Par Antoine Thibaut · Publié le 29 octobre 2021 · 2 min de lecture

Les joyeusetés de la vie digitale en Chine
Reconnaissance faciale. - © DR

Le correspondant dit «technologique» de la «Neue Zürcher Zeitung», Matthias Sander, a pris ses quartiers à Shenzhen. Pas tout simple. Il raconte que son appartement n’a pas de clés. On y accède par la reconnaissance faciale, grâce à un code numérique. Si l’on préfère, on peut aussi poser le doigt et l’empreinte digitale débloque la porte. Le hic, c’est que cela ne fonctionne pas à chaque fois. Il est alors possible de demander une carte d’accès, comme dans les hôtels, mais cela suppose l’accord du propriétaire, tout un processus…

Le journaliste, quelque peu éberlué, constate qu’il ne peut quasiment rien faire en ville sans utiliser l’application Wechat. Pour commander et payer un taxi, dont le chauffeur n’a jamais de monnaie. Pour choisir un plat et régler l’addition au restaurant. Les imprudents suspects de ne pas porter le régime dans leur cœur − telle cette femme qui a osé se renseigner sur une manifestation à Hong Kong il y a deux ans − se voient coupés de l’application et se trouvent pratiquement paralysés. Mieux que le pass sanitaire à la manière suisse. Il en existe aussi un en Chine… «Un de mes voisins, raconte Sander, a dû être mis en quarantaine dans son appartement. Pour 14 jours. Mais son « code santé QR », qui attribue un statut vert ou jaune ou rouge à chaque propriétaire de téléphone portable dans la pandémie, n’a tout simplement pas voulu passer au vert. Il a dû rester dans son appartement pendant trois jours supplémentaires jusqu’à ce que le problème soit résolu. Le simple fait de quitter son appartement ne l’aurait guère mené loin: une caméra avait été installée devant sa porte spécialement pour la durée de la quarantaine; le trou de forage dans le plafond est encore visible. Même s’il avait quitté l’appartement, les gardes de sécurité de l’entrée principale l’auraient arrêté au plus tard à son retour.»

Des caméras, il y en a partout, dans la rue, les gares, devant les immeubles, parfois pointées vers les balcons. La plupart des Chinois rencontrés par le journaliste se s’en plaignent pas le moins du monde: «Il y a ainsi beaucoup moins de criminalité… On ne vole plus les voitures!» Autre détail: les billets de train sont couplés à la carte d’identité et tous les trajets dûment enregistrés dans le système. A toutes fins utiles… au pouvoir «protecteur».

De toute façon, s’il on veut vivre là, il faut s’y faire. Et on s’y fait. «Oh! Mon Dieu, conclut le correspondant, est-ce une simple assimilation ou déjà une soumission, ou les deux?»

Lire l’article original

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Au hit-parade des universités, la Chine bondit, la Suisse résiste

Sciences et technologiesArticle

Au hit-parade des universités, la Chine bondit, la Suisse résiste

Selon les trois grands classements mondiaux des universités, l’enseignement supérieur suisse tire encore son épingle du jeu. Ses deux écoles polytechniques figurent parmi les meilleures mondiales. En revanche, les universités généralistes affichent des résultats plus contrastés. Des écarts qui en disent long sur les choix auxquels l’enseignement supérieur helvétique est désormais confronté.

Guy Mettan

Comment la Chine est devenue le nouveau leader technologique du monde

ÉconomieArticle

Comment la Chine est devenue le nouveau leader technologique du monde

A Pékin, des robots humanoïdes exécutent des chorégraphies martiales avec une précision saisissante. Derrière le spectacle du Nouvel An chinois, une réalité s’impose: en deux décennies, la Chine s’est hissée au sommet de la hiérarchie technologique mondiale. Recherche scientifique, intelligence artificielle, transition énergétique, spatial… L’Empire du Milieu ne se contente plus de rattraper l’Occident, il redéfinit les équilibres.

Hicheme Lehmici