
La droite américaine interdit de plus en plus de livres dans les écoles
Une fièvre d'interdiction des livres règne aux Etats-Unis. Certains livres sont exclus des bibliothèques et de l'enseignement scolaire.

Une fièvre d'interdiction des livres règne aux Etats-Unis. Certains livres sont exclus des bibliothèques et de l'enseignement scolaire.

Socrate et sa bizarrerie, Proust et ses rats, Burroughs et ses chats, Henry James et son fameux motif dans le tapis, Giorgione et sa Tempête, Borges et son écriture raffinée, Kafka et le chien Karo, Joyce et son tropisme pour la scatophilie, ils sont tous présents dans «Rafistolages» de Jean-Claude Lebensztejn.

Vous rêvez de travailler d’arrache-pied tout en restant définitivement à l’abri de la richesse? De remplir des piles de formulaires et collecter des montagnes de paperasses? De lire des centaines de manuscrits parfois indigestes dans l’espoir de dénicher LA pépite qui justifie votre sacerdoce? Tout cela pour rester dans l’ombre d’auteurs vindicatifs et souvent insatisfaits de vos services? Si vous cochez toutes les cases, vous allez peut-être fonder la prochaine maison d’édition romande.

Récit clinique et poétique à la fois, mêlant témoignage au jour le jour et réflexions de haute volée, inquiétude et colère, reconnaissance déclarée à la vie et questions éternelles de l’humain confronté à ses fins, le livre du médecin octogénaire rattrapé par le cancer est d’un humaniste éclairé dont la lucidité stoïque, frottée d’humour et de tendresse, devrait parler à tout un chacun.

Deux romans récents et un recueil de nouvelles confortent l’encanaillement «limite gore» d’un lectorat petit-bourgeois qui se fait peur avec de l’épouvante acclimatée: Marc Voltenauer en tête, dans «Cendres ardentes», plongeant dans les franges criminelles de l’émigration albanaise au Chablais vaudois; Nicolas Verdan, avec «Cruel», autre imbroglio à péripéties sanglantes sous la lumière lémanique; et Nicolas Feuz, redoublant d’humour noir dans ses nouvelles de «proc» affreux-jojo. Mais que fait la police?

Avec son premier roman paru en octobre 2021 aux éditions Slatkine sous le titre «Malatraix», Emmanuelle Robert décroche une mention spéciale du jury du Prix du livre de montagne au Festival international du film alpin des Diablerets. Et nous emmène dans une intrigue rythmée, aux scènes courtes, avec ce qu’il faut de morts suspectes, de relations sexuelles et/ou amoureuses et de personnages contrastés représentatifs des différents courants de notre époque. Entretien.

Cette rencontre fait du bien, surtout à qui s’efforce de se désembourber des opinions ressassées et des affrontements de chapelles. Qui est Jean-Louis Gouraud? Ecrivain, autrefois journaliste, grand voyageur, homme d’affaires à l’occasion et plus que tout amoureux du cheval. Plus qu’un loisir, un art de vivre, une façon d’ouvrir les yeux sur les paysages et l’humanité, de rappeler l’histoire aussi. Ce qu’il appelle l’hippologie. Contée avec légèreté. Avec un regard qui dépasse largement sa monture. Comme en atteste le titre de son dernier livre: «Heureux qui communiste a fait un beau voyage...» Sous-titre: «Dis-moi, camarade, le communisme, pourquoi vous ne l’avez pas essayé d’abord sur les animaux?»

Alexandre S., écrivain et artiste moscovite qui tient à son anonymat, a décidé dès le début de la guerre de rester en Russie. Il y a sa famille, ses souvenirs, toute sa vie. Le climat est de plus en plus pesant. Désertion des appelés, fuite des intellectuels et des opposants, quotidien entravé par les sanctions, la claustrophobie menace. Mais dans ces pages de journal, on lit aussi l’espoir, l’obstination, et le désir fou que l’humanité, les arts et la paix triomphent des armes. Alexandre ne se sent ni responsable ni innocent, seulement vivant.

Mélanie Croubalian est une voix familière de la radio romande (RTS), où elle accueille ses hôtes avec une attention curieuse et chaleureuse. Et voilà qu’elle publie un premier roman. Loin, très loin des thèmes à la mode. Mais au cœur de l’actualité et de la grande histoire. Le récit, collé aux réalités, de destinées croisées, de la Syrie, d’où s’enfuient tant d’hommes et de femmes, à l’Arménie au temps du génocide.

Deux écrivains de grande envergure, tous deux de double origine russe et ukrainienne, s’élèvent au premier rang de l’opposition à l’agression de Vladimir Poutine contre l’Ukraine: Mikhaïl Chichkine avec «La paix ou la guerre, réflexions sur le "monde russe"», recueil d’essais percutants et qui nous concernent tous, et Andrei Kourkov avec un «Journal d’une invasion» dont les observations au quotidien enrichissent de beaucoup notre connaissance de l’Ukraine et de ses habitants.

Un soir de mai, à Lausanne, amusé par les extraits épicés qui circulaient sur Twitter depuis des jours, un collègue et ami de BPLT me désigna comme la personne indiquée pour parler du dernier roman de Bruno Le Maire: «c’est ton ministre de l’Economie! tu sauras qu’en dire mieux que personne...» La taxe «française», dont je m’acquitte ici de bonne grâce.

En un peu plus de cent pages limpides, voire parfois candides, et non moins denses et d’une belle musicalité, le rêveur à la Rousseau, promeneur des marges, que représente l’auteur vaudois, poursuit ses déambulations dans la nature accueillante autant que par le dédale de son existence passée, entre moments de déprime et minutes heureuses, tout à la célébration de «cela simplement qui est», cadeau du présent.