
Chronique


Au cinéma

L’idéologie vertueuse pousse les meutes à la déraison
De la décapitation islamiste de Samuel Paty aux multiples formes de bigoterie politisée enflammant les clans radicalisés, une vraie folie entretient toutes les confusions sur les thèmes, notamment, de la différence sexuelle, de la race, du genre et de l’identité, avec la même intolérance croissante. «La Grande déraison» de Douglas Murray, en donne un aperçu tantôt atterrant et tantôt hilarant, appelant Molière et Rabelais au secours…

Virginie Despentes

C’est la faute d’Yves Coppens
«Ils disent "on ne peut plus rien dire", et ils le disent. On dit "ça va trop loin", et on ne va nulle part. Entre cultures, natures, sexe libre et genre traditionnel, tentative d'examen ramifié et accablé d'une vie engluée dans la binarité, le manichéisme, la certitude du savoir et le jugement de l'autre.»

Sureau l’indocile
S’il est un qualificatif repris du mot d’ordre de Bon pour la tête qui s’applique particulièrement à François Sureau, c’est bien celui d’indocile. Voilà un écrivain hors les modes, sinon hors du temps, encore que pleinement engagé dans notre époque. Qui naguère, aurait pu être rangé parmi les Hussards, n’était son admiration pour Sartre. Car François Sureau, officier, avocat et maintenant académicien, n’est pas à un paradoxe près. Et surtout, ce qui n’est nullement contradictoire, écrivain farouchement attaché à la liberté. Sans laquelle, selon le mot de Chateaubriand qu’il fait sien, «il n’y a rien dans le monde.»

Nouveaux caractères, dissonance cognitive et dites-lui que tout va bien
Comme la langue, lorsqu’elle est vivante l’écriture change, se modifie, propose de nouvelles manière d’envisager le monde et parfois de nouveaux caractères d’imprimerie naissent, c’est épatant. En France, Elisabeth Badinter pourfend l’islam radical tout en gagnant de l’argent grâce à ceux qui le promeuvent. Pendant ce temps, l’ancienne politicienne vaudoise Suzette Sandoz ne veut entendre que des choses positives.

Pernicieux coronasceptiques

Sexplorer plutôt que moraliser, respecter la vague et avoir le monopole, ou pas, de la responsabilité
Les femmes sont censées être sexy, mais uniquement lorsque ça arrange les hommes et pour autant qu’il ne s’agisse pas de leurs filles. Les représentants de l'école philosophique covidienne progressent, mais pas tous. Si les multinationales sont responsables des atteintes aux droits humains dont se rendent coupables leurs fournisseurs, les consommateurs de leurs produits sont-ils complices?

Metin Arditi, romancier, nourrit un rêve pacifique
Aussi invraisemblablement vrai qu’une pandémie dans un monde supposé sécurisé, «Rachel et les siens», brassant les heurs et malheurs de frères amis ou ennemis en terre promise et spoliée à de multiples égards, tend à nous rappeler que Juifs de tous bords, femmes fortes ou fragiles et Arabes tendres ou teigneux, chrétiens et musulmans fraternisant ou s’entretuant, voire homos collabos, procèdent de la même ressemblance humaine mais tardent plus que jamais à se parler…

Parce que c’était elles
Elle est la Zaza des «Mémoires d’une jeune fille rangée». Elisabeth Lacoin fut la grande amie de jeunesse de Simone de Beauvoir jusqu’à sa disparition brutale à l’âge de vingt et un ans. Jamais l’écrivain – comme Marguerite Duras, Simone de Beauvoir tenait à ce masculin – ne l’oublia et c’est en partie pour lui redonner vie qu’elle entreprit de raconter ses souvenirs. Initialement, Zaza apparaissait dans ce magnifique roman que sont «Les Mandarins». Mais Simone de Beauvoir en retrancha finalement les pages la concernant. Elle lui consacra aussi une nouvelle, restée inédite, qui paraît aujourd’hui sous le titre «Les inséparables».
