Chronique

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Le prince et le migrant

CultureArticle

Le prince et le migrant

Le nom de Lampedusa n’a pas toujours été synonyme de tragédie, celle des migrants venus s’échouer sur ses plages. C’est d’abord le patronyme de l’un des plus grands écrivains italiens du XXe siècle, Giuseppe Tomasi di Lampedusa. L’auteur de ce chef-d’œuvre qu’est Le Guépard, magnifié par le film qu’en a tiré avec non moins de génie Luchino Visconti. Prononce-t-on ce nom, Lampedusa, que c’est au romancier qu’invariablement je pense et au monde, à la société en train de sombrer qu’il dépeint dans son roman. Or il se peut que ce qui s’écrit aujourd’hui à Lampedusa ne soit pas autre chose que son ultime chapitre.

Finance durable, consommation triomphante et du dentifrice sur le pénis

ÉconomieArticle

Finance durable, consommation triomphante et du dentifrice sur le pénis

Sentant «un renforcement des thématiques liées à l’éthique», des socialistes suisses veulent rendre la finance «durable». L’affluence de clients dans les boutiques lors du Black Friday démontre que l’économie reste triomphante face à la santé. Non, badigeonner le sexe masculin de dentifrice ne le rend pas plus performant, avis à ceux qui sont prêts à croire n’importe quoi.

Patrick Morier-Genoud

Quentin Mouron le faux bad boy dynamite tous les clichés

CultureArticle

Quentin Mouron le faux bad boy dynamite tous les clichés

Sous le look trompeur du joli rocker ou du dandy à la coule, le trentenaire multinational dissimule un auteur d’une lucidité rare dont l’écriture s’aiguise de plus en plus. En millenial apparemment cynique, le jeune écrivain construit une œuvre sérieuse et en expansion constante, dont l’hyperréalisme panique fait écho aux romans de Bret Easton Ellis et de Michel Houellebecq. Après son dernier livre paru, le prochain (lu sur tapuscrit) annonce une œuvre possiblement majeure.

Jean-Louis Kuffer

Henry Miller grandeur nature

CultureArticle

Henry Miller grandeur nature

Relu Plexus d’Henry Miller. L’auteur américain disparu il y a quarante ans, en 1980. Un anniversaire passé quasi inaperçu. Peut-être parce qu’on ne lit plus guère Miller. Moi-même, ces dernières années, reprenant l’un de ses livres, je l’abandonnais presque aussitôt. Alors qu’à vingt ans j’avais dévoré La Crucifixion en rose, Tropique du Cancer, Big Sur. Que s’était-il passé? La magie n’y était plus. Je n’arrivais plus à m’intéresser à cet immense fatras. A ce qu’il faut bien appeler le grand bordel de Miller. Or voici que je retrouve, intact, ce que j’ai aimé chez lui, sa générosité, son appétit de vivre. Plus nécessaires que jamais.

Le monde d’avant nous pendant nous, la question du bonheur et décevoir un lecteur

PhilosophieArticle

Le monde d’avant nous pendant nous, la question du bonheur et décevoir un lecteur

Un écrivain et un biologiste souhaitent recréer une forêt primaire: leur intention est bonne mais sémantiquement problématique. Les philosophes médiatiques n’arrivent pas à la cheville des candidats de la téléréalité lorsqu’il s’agit d’évoquer le bonheur. Parfois des lecteurs menacent de nous quitter, fâchés par un article; il faut alors savoir les laisser partir.

Patrick Morier-Genoud

Avec Nerval dans le Valois

CultureArticle

Avec Nerval dans le Valois

Rendant hommage à Gérard de Nerval dans le Mercure de France, Guillaume Apollinaire le qualifie d’«esprit charmant » et ajoute, «je l’eusse aimé comme un frère.» Ce cri du cœur, je pourrais le faire mien. Nerval figure en effet parmi ces très rares écrivains et artistes pour lesquels, par-delà l’œuvre, j’éprouve quelque chose de plus que de l’admiration, une forme d’affection. Sentiment que je retrouve chaque fois que je relis Les Filles du feu. En particulier Sylvie, qui prend pour cadre ce Valois si cher à l’auteur.