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Mines d’or: l’enfer ou l’espoir

ÉconomieArticleLibre

Mines d’or: l’enfer ou l’espoir

C’est devenu un réflexe: les belles âmes tiers-mondistes maudissent les multinationales qui exploitent les mines en Afrique et en Amérique latine. Non sans raisons! On assiste en effet au pillage du Congo et d’autres pays. Mais comment donc les pays pauvres peuvent-ils tirer parti des richesses de leur sous-sol? Le cas de la Colombie est intéressant. On y connaît un véritable fléau: les mines illégales, d’or en particulier (80 % de la production se fait au noir!). Des chercheurs venus aussi du Brésil et du Venezuela s’installent sur les rivières et dans les montagnes, appuyés par des bandes armées de tout poil, empoisonnent les cours d’eau, sèment le chaos dans les villages. Les sociétés, locales ou étrangères, qui obtiennent des concessions, sont en revanche soumises à la loi. Que certaines la violent, c’est certain. Mais d’autres veulent assumer leurs responsabilités civiques et sociales.

Jacques Pilet

GéopolitiqueArticle

Après La Poste, Ruag: un autre Etat dans l’Etat

L’ex-président de la Poste, Claude Béglé, l’a dit franchement: l’institution est devenue un Etat dans l’Etat, avec sa hiérarchie, sa méthode, son opacité. Il y en a une autre, moins connue: la multinationale de l’armement Ruag, entièrement détenue par la Confédération. Deux milliards de chiffre d’affaires, 9000 employés, 80 lieux de production. Elle vient d’obtenir un succès: le Conseil fédéral a décidé d’assouplir les restrictions à l’exportation d’armes. Elles pourront aller désormais vers des Etats agités par des conflits intérieurs. Et notamment, un gros client, vers l’Arabie saoudite qui mène au Yémen une guerre particulièrement cruelle pour les populations civiles. Mais qui sait que Ruag prépare une implantation au Brésil pour la production de munitions pour armes légères? Dans un pays rongé par la violence et la corruption.

Jacques Pilet

L’épopée du barrage inondé

ÉconomieArticleLibre

L’épopée du barrage inondé

La Colombie s’est lancée, dès 2010, dans la construction d’un énorme barrage hydraulique sur le fleuve Cauca. Il devait satisfaire 16% des besoins d’électricité du pays dès la fin de l’année. Mais des glissements de terrain le menacent depuis début mai. Un effort inouï est fourni pour éviter que les populations en aval soient atteintes par les inondations, pour que l’installation soit sauvée. Jusqu’à 11'000 ouvriers ont travaillé jour et nuit pour canaliser les flux, abondants en cette saison de pluies, et élever le plus haut possible la barrière de béton. Fait-divers? Plus que cela: ce chantier démontre l’ambition d’un pays qui se modernise et aussi son énergie pour faire face à l’adversité. Une histoire qui n’a pas eu droit à une ligne dans la presse européenne mais qui a de quoi intéresser les Suisses, préoccupés aussi par la sécurité de leurs barrages.

Jacques Pilet

Plus compliqué d’acheter des cigarettes à Medellin que de la coke à Lausanne

SantéArticleLibre

Plus compliqué d’acheter des cigarettes à Medellin que de la coke à Lausanne

La Colombie est redevenue le premier producteur mondial de cocaïne. Pour l’exportation. Mais la drogue fait aussi des ravages à l’intérieur. Les pouvoirs politiques luttent, sans grand succès, contre la culture, contre les réseaux de distribution. Mais ils agissent aussi, de façon remarquable comme à Medellin, pour éviter que les jeunes ne tombent dans l’addiction et ne se joignent aux bandes criminelles. Cela commence… par le tabac!

Jacques Pilet

Leçon de démocratie d’un pays qui court après la paix

GéopolitiqueArticleLibre

Leçon de démocratie d’un pays qui court après la paix

La Colombie a un nouveau président. Elu dans des conditions démocratiques irréprochables. Ce pays qui, à l’étranger, reste lié à l’image des séries sur Escobar, la drogue et la violence, témoigne d’une vie politique étonnamment saine dans un environnement régional inquiétant: le Venezuela au fond de l‘abîme totalitaire, le Brésil au fond de l’abîme de la corruption. Le vainqueur de ce dimanche 17 juin, issu d’une coalition de droite, Ivan Duque, 41 ans, revendiquant une ligne libérale mais centriste, l’a emporté avec 54% des voix face à l’ex-maire de Bogota, leader de la gauche, Gustavo Petro, 58 ans, qui fut proche de la guerilla (M-19) dans sa jeunesse. Un troisième homme a pesé lourd: Sergio Fajardo, ex-maire de Medellin, écologiste, centriste et humaniste: il a manqué de peu le deuxième tour, sorti premier dans plusieurs villes dont la capitale Bogota. Pour la suite il a prôné le vote blanc pour préparer «un futur hors des affrontements traditionnels». Jamais les bulletins vierges et nuls n’ont été aussi nombreux: plus d’un million sur un total de 18,2 millions. Une partie de ses sympathisants a manifestement voté Duque. Ce Macron vert attend son tour…

Jacques Pilet

Palestine: un pays virtuel au bout d’une route sans raison

CultureArticleLibre

Palestine: un pays virtuel au bout d’une route sans raison

«Qu’est-ce qui m’attend dans la direction que je ne prends pas?» écrivait Jack Kerouac dans «Les Souterrains». Ici, la question est plutôt, qu’est-ce qui m’attend dans la direction que je ne peux pas prendre? «Inner Mapping» de Stéphanie Latte Abdallah et Emad Ahmad appartient à la catégorie des road-movies, mais sur un terrain où les routes égarent.

Bon pour la tête

«La nation contre le nationalisme»

CultureArticleLibre

«La nation contre le nationalisme»

Voilà un bouquin à emporter dans vos bagages pour bronzer utile: «La nation contre le nationalisme», écrit par le professeur Gil Delannoi et publié au PUF. Il balaye toutes les idées reçues qui encombrent le concept de nation et la rendent si confuse.

Bon pour la tête

Le poison qui tue la presse: la redondance

CultureArticle

Le poison qui tue la presse: la redondance

Oui, quoi que l’on pense de ce titre, la disparition du «Matin» est un événement qui blesse la Suisse romande. Ce journal populaire est lu dans tous les cantons. Or, les médias qui font circuler informations et débats à travers cet espace se font plus rares. Chacun est invité à se recentrer peu à peu sur son horizon régional. Comme autrefois. Au-delà des arguments économiques cent fois rabâchés sur les raisons d’arrêter tel ou tel titre, éditeurs et journalistes pourraient s’interroger davantage sur la substance de leurs publications. A-t-elle évolué avec l’envahissement des gratuits et de l’internet? Par tradition, par habitude, les rédactions ne seraient-elles pas passées à côté de certaines attentes non dites du public? L’indignation et la solidarité s’imposent dans une telle situation, mais le moment est venu aussi de réfléchir plus avant. Notamment au phénomène des rédactions industrielles.

Jacques Pilet

Un peuple en marche pour l’exil

GéopolitiqueArticle

Un peuple en marche pour l’exil

Reportage exceptionnel au Venezuela où 20 ans après l’émergence d’un nouveau rêve socialiste, la population vit dans un gigantesque camp de concentration à ciel ouvert. La révolution bolivarienne a été une tromperie pour tous ceux qui espéraient une vie meilleure, disent aujourd'hui ceux-là mêmes qui l’avaient soutenue. L'argent ici ne vaut rien, à tel point qu'il ne circule même plus. Dans certains quartiers, les enfants ne vont plus à l'école, ils n'ont pas la force d'y aller avec l'estomac vide et sans vêtements. Affamer la population et la mettre à genoux ferait partie de la politique de persécution de Nicolas Maduro. Le président tout juste réélu compterait sur «la démoralisation psychologique du peuple». Troisième volet: Frontières

Doménica Canchano Warthon

«Au Venezuela, les forces de sécurité tuent nos enfants»

GéopolitiqueArticle

«Au Venezuela, les forces de sécurité tuent nos enfants»

Reportage exceptionnel au Venezuela où vingt ans après l’émergence d’un nouveau rêve socialiste, la population vit dans un gigantesque camp de concentration à ciel ouvert. La révolution bolivarienne a été une tromperie pour tous ceux qui espéraient une vie meilleure, disent aujourd'hui ceux-là mêmes qui l’avaient soutenue. L'argent ici ne vaut rien, à tel point qu'il ne circule même plus. Dans certains quartiers, les enfants ne vont plus à l'école, ils n'ont pas la force d'y aller avec l'estomac vide et sans vêtements. Affamer la population et la mettre à genoux ferait partie de la politique de persécution de Nicolas Maduro. Le président tout juste réélu compterait sur «la démoralisation psychologique du peuple». Deuxième volet: insécurité et exécutions.

Doménica Canchano Warthon