Actuel

Page 111 · revenir au début

De l’ère soviétique à la floraison culturelle et financière

CultureArticle

De l’ère soviétique à la floraison culturelle et financière

«Avant-poste de la tyrannie», «dernière dictature de l’Europe» ou encore «dernier Etat soviétique» - telles sont les appellations de la Biélorussie dans la presse internationale. Méconnu, ce territoire de près de 208 000 km2, est pourtant en plein essor culturel et économique. Mêlant fièrement son bagage soviétique aux tendances nouvelles, la Biélorussie offre une atmosphère stimulante et novatrice.

Eugénie Rousak

Les chiffres qui poussent la gauche au pouvoir

GéopolitiqueArticle

Les chiffres qui poussent la gauche au pouvoir

Tout indique que le nouveau président du Mexique sera Andres Manuel Lopez Obrador (64 ans), dit AMLO, à la tête d’un rassemblement de gauche et centre-gauche (Morena). Il s’est présenté déjà deux fois et a été battu de peu, probablement à la suite de fraudes dans les urnes. Il est crédité par les sondages de 70% des suffrages, contre 20 et 10 pour les partis de droite. Un «populiste» pour ses adversaires. Un «réaliste» pour ses partisans qui rappellent son efficacité à la mairie de Mexico-city (2000-2005). Son cheval de bataille prioritaire: la lutte contre la corruption. Quelques chiffres qui en disent long sur le profond désir de changement qui se manifeste dans le deuxième pays d’Amérique du nord.

Antoine Thibaut

Le fossé est-ouest du Nutella

GéopolitiqueArticle

Le fossé est-ouest du Nutella

Dans un reportage en Slovaquie, «Le Monde» nous apprend que les amateurs de Nutella à Bratislava vont l’acheter en Autriche, toute proche, parce que la pâte aux noisettes y serait meilleure que chez eux. Affaire d’Etat. Le gouvernement, associé à celui de Hongrie qui se plaint du même souci, a interpellé l’Union européenne. Elle se penche sur le problème. Plus sérieux qu’il n’y paraît. Parce que tous les pays dits de l’est constatent un «double standard». Les multinationales y refilent des produits de moindre qualité. Un malaise entre les anciens et les nouveaux membres de l’Union qui n’a rien à voir avec les migrants et avec les normes démocratiques. Juste un sentiment d’être considérés en général comme des citoyens de deuxième zone. Une histoire qui remonte loin dans le temps comme le soulignait déjà Bronislaw Geremek avant l’entrée de son pays dans l’UE.

Antoine Thibaut

La rumeur, garante de nos libertés?

GéopolitiqueArticleLibre

La rumeur, garante de nos libertés?

Il y a près de deux mois, le site de Tolbiac, occupé depuis plusieurs semaines par des étudiantes et étudiants en lutte contre la loi ORÉ, était évacué par les services de police. La confrontation entre bloqueurs et CRS donna naissance à ce qui a très rapidement été qualifié de « rumeur de Tolbiac » : un étudiant aurait à cette occasion été grièvement blessé, voire tué.

Bon pour la tête

Lettre à la langue kurde

CultureArticleLibre

Lettre à la langue kurde

La langue n’est pas qu’un outil de communication. Elle est un moyen de se représenter et d’interpréter le monde, d’accéder à des connaissances et à des cultures, de tisser ou de rompre des liens. Elle est au cœur de nos émotions et de nos identités. Apprendre ou enseigner une langue ne se résume donc jamais à apprendre ou enseigner une langue. L’appropriation de la grammaire et du vocabulaire ne sont que des parcelles d’un sinueux parcours, pour trouver sa voix, pour ouvrir des voies. Fatma Sahindal, de langue paternelle kurde, a pris conscience de tout cela en travaillant, à l’École de français langue étrangère (UNIL) à Lausanne, avec une enseignante atypique, Hélène Pfersich, qui accompagne les étudiants dans une démarche créative. Dans le cadre de son cours «De l’improvisation théâtrale à l’écriture», Fatma a écrit des «Lettres à ses langues». Voici celle qu’elle adresse à sa langue perdue, langue du père mort, langue interdite. Suivie d’une conversation entre l’étudiante et la prof.

Bon pour la tête

Le flegme trompeur de la Suisse

GéopolitiqueArticle

Le flegme trompeur de la Suisse

Jamais la controverse entre Européens n’a été aussi vive. La question de la migration s’enflamme à la veille d’une importante réunion des 28. Entre Paris, Rome, Berlin, Madrid, Athènes et Budapest, on s’envoie des flèches… tout en disant de chercher une position commune dont, pour l’heure, on n’entrevoit pas les contours. Et la Suisse? Elle ne dit rien sur le sujet. Elle a le nez collé sur le proche accord institutionnel avec l’UE, elle pinaille sur les mesures d’accompagnement à la liberté de circulation des personnes. Sans voir ce qui va se passer. Les accords de Dublin (qui prévoient que les demandes d’asile soient déposées dans le premier pays abordé) et les accords de Schengen (moins de contrôles aux frontières) vont être révisés. C’est inéluctable, d’autant plus qu’en réalité, ils ne sont pas vraiment appliqués aujourd’hui. Or, nous en sommes signataires. Alors quoi, on se tait?

Jacques Pilet

Que reste-t-il de nos illusions?

PhilosophieArticle

Que reste-t-il de nos illusions?

«Les catastrophes économiques, je connais, j’ai vécu ça au Pérou où la situation a poussé ma mère à l’exil. Mais ce qui se passe au Venezuela est encore plus grave. Je n’ai jamais vu une chose pareille.» C’est ce que nous disait il y a quelques jours à la rédaction, Doménica Canchano Warthon de retour d’un reportage au Venezuela. C’est littéralement ce qu’on appelle un «point de vue»: il éclaire et enrichit le récit que notre journaliste nous a livré dans la série d’articles parus ces derniers jours. Il donne une mesure plus concrète de ces mots – inflation, pénurie, violence – qui, vus d’ici, peinent à dépasser l’abstraction. Nous avons suggéré à Doménica, en guise de post-scriptum à son reportage, de partager son point de vue avec les lecteurs. Cri du cœur d’une Latino-américaine éprouvée dans sa capacité à espérer.

Doménica Canchano Warthon