Nous n’avons rien appris à Hiroshima


Le monde a commémoré les 75 ans des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, point final à la Seconde guerre mondiale qui ont fait au total près de 200’000 victimes, sans compter les pathologies résultant de l’exposition aux radiations, aux ondes de choc, et les grands brûlés. Mais avons-nous bien retenu la leçon? Un éditorialiste du Guardian affirme que non.
En 1947, alors que les relations entre les Etats-Unis et l’URSS se tendent et donnent naissance à la Guerre froide, des scientifiques de l’université de Chicago créent «L’horloge de la fin du monde» ou «Horloge de l’Apocalypse». Minuit indique la fin du monde, et l’heure donnée par les aiguilles se rapproche ou s’éloigne de minuit selon l’importance de la menace, en particulier nucléaire, sur la paix et la sécurité. Depuis janvier dernier, l’horloge affiche 23 heures 58 minutes et 20 secondes, ceci en raison «de l’incapacité des dirigeants mondiaux à faire face au changement climatique» et surtout «de la menace imminente d’une guerre nucléaire».
L’horloge n’avait pas donné cette heure depuis 1953 et les essais thermonucléaires américains puis soviétiques; notre monde serait donc plus que jamais proche de sa fin. C’est cette menace, que nous avons un peu perdue de vue, que dénonce dans les pages Opinion du Guardian l’éditorialiste de politique étrangère Simon Tisdall.
Depuis des décennies, les commémorations des bombardements atomiques de l’armée américaine sur le Japon étaient accompagnées de manifestations aux slogans de «Ban the bomb», exhortant les Etats à démanteler une fois pour toutes leur arsenal nucléaire. Ces voix s’éteignent peu à peu.



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