«Oil productions», collectif lausannois composé de cinq jeunes personnes au propos vibrant et infiniment connecté, veut proposer un porno éthique dont la mission, simple et sincère, est de «matérialiser les fantasmes». Tous les fantasmes.
Sommaire
«Notre boîte de production veut répondre à un besoin de faire du porno plutôt que d’en consommer un nouveau genre.», semblent-elles dire d’une seule et même voix. Dans un petit espace de co-working situé dans le quartier de Vallon, à Lausanne, les cinq membres de «Oil productions», jeune collectif de création de porno éthique, ont la tête froide mais le cœur chaud. Dissidentes – c’est leur slogan –, ces jeunes artistes et universitaires concrétisent un désir commun qui, s’il peut paraître sensationnaliste, n’émane que d’une envie de démystifier des pratiques sexuelles que notre époque, peu à peu, s’emploie à mettre au-devant du discours intellectuel et médiatique.
Les nommer? Dans le porno, il est de coutume d’avancer (presque) masqué. Sous pseudo, du moins. Et la question de livrer leur identité franco de port, pour ces membres du collectif, n’est pas encore réglée. On donnera donc leurs prénoms, c’est un bon début: Julie, Nar, Nora, Mélie et Mahalia, toutes âgées de 25 ans ou un peu plus. Leur pedigree? Artistes, ex-ECALienne pour l’une, étudiante à la Haute école des arts de Berne pour une autre, une diplômée en Ethnologie de l’Université de Neuchâtel, une autre en Relations Internationales à Genève qui se mêle de DJing… bref. Il y a de quoi s’entretenir. De quoi convoquer l’interdisciplinarité dans la création de films courts, toujours dans un esprit queer (entendre par-là une totale ouverture sur n’importe quelle pratique sexuelle, n’importe quel fantasme), sans que «Oil productions» n’ait pour autant l’envie de souffrir d’un label.
Safe space
«Tout a commencé avec nos réunions du mardi.» Dans ce même local, donc, quelques membres fondatrices agrègent autour d’elles une faune dégourdie à l’idée de parler cul, en totale révérence à une mouvance initiée notamment par «La Fête du Slip». «Sans mentir, leur volonté de montrer du porno queer qui se débarrasse de codes éculés du porno mainstream, a été un détonateur pour nous. Nous n’avions même pas idée que cela pouvait exister. Des scènes esthétiques où le sexe se montre sans voyeurisme et sans faux effets, c’est ça qui nous a donné envie de proposer, à notre tour, un porno safe qui décloisonne le genre.»





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