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La ruée vers l’Espagne

Doménica Canchano Warthon

Par Doménica Canchano Warthon · Publié le 8 octobre 2018 · 10 min de lecture

La ruée vers l’Espagne
Alors que les bateaux continuent à atteindre le port d'Almeria, certains immigrants subsahariens sortent au crépuscule pour se réapproprier leur liberté. - © 2018 Bon pour la tête / Doménica Canchano Warthon

Le pays qui aujourd’hui accueille le plus de migrants, c’est l’Espagne. Quasiment tous les jours, des embarcations légères quittent les côtes du Maroc vers l’extrême-sud du continent. Or, étonnamment, le sujet n’y fait pas les gros titres. Aucun parti ne s’en empare pour trouver des électeurs. Mais comment donc les Espagnols réagissent-ils à ces arrivées ? Notre envoyée spéciale est allée voir.

Le 5 septembre, le quotidien d’Almeria révélait l’arrivée de 600 migrants en 48 heures dans le Sud de la péninsule ibérique. Chaque matin, la population andalouse se réveille devant des chiffres qui leur indiquent le nombre de vivants, de morts, d’hommes, de femmes, d’enfants et «de pateras» (embarcations de fortune) échoués ou débarqués sur la côte. Ces canots, parfois faits de plastique, sont fréquemment interceptés par la flotte de l’organisation espagnole de sauvetage et de sécurité maritime, Salvamento Maritimo. La veille du dernier décompte dans ce journal local, l’activiste Helena Maleno postait sur son compte Facebook l’imminence du départ d’une «patera» quittant Nador, au Maroc, avec à son bord 54 personnes, dont 8 femmes et 6 enfants. Ces informations se révélèrent précieuses pour le sauvetage de ces migrants.

Chaque jour, les journaux publient le nombre de personnes vivantes et mortes qui arrivent sur les côtes andalouses.  Selon les données du projet Missing Migrants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 313 migrants sont déjà morts ou disparus cette année. © 2018 Bon pour la tête / Doménica Canchano Warthon

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