Le 9 avril dernier, 2'500 paires de bottes militaires écrasaient les tritons crêtés du bocage de Notre-Dames-Des-Landes lors d'une opération-éclair. Immersion printanière au pays des barricades et de tous les possibles.
Il est 2h30 du matin. Pour connaître la position des forces de l’ordre qui tentent de bloquer tout renfort ou ravitaillement, nous captons les ondes de Radio Klaxon émises par les «Maquisards-es». L’accès par Vigneux est libre, peut-être. Nous nous enfonçons le cœur battant sur une petite route sans issue. Une barricade nous force à continuer à pied. Chargés de nombreux sacs de médicaments, habits, protections contre les gaz, nous contournons par la forêt l’amoncellement de pneus, tôles, voitures, tracteurs… Véritable œuvre d’art brut.
Un hélicoptère surgit, balayant la zone de son projecteur. Nous éteignons nos lampes frontales et nous nous cachons dans le fossé. Une lueur nous guide dans la nuit, une ferme. Des résidents résistants nous y accueillent. Au petit matin, c’est le vacarme des détonations qui me sortent du sommeil.
Nous ne sommes pas en Syrie ou en 1940. Nous sommes dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, le 18 avril 2018.






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