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Faut-il casser l’Europe?

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 2 janvier 2018 · 4 min de lecture

Faut-il casser l’Europe?
Le grand défi est à l’est. Trois pays sont aux mains d’europhobes plus ou moins virulents: la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. - © DR

L’Union européenne, on la déteste, ou la défend – mollement –, ou on ne veut plus y penser. Avec quelques crises de nerfs ici et là. En Suisse où beaucoup y voient le diable. A l’est, où l’on la maudit tout en restant accrochés à ses mamelles. Pourquoi ne pas tenter de voir où elle en est? Froidement.

Le Brexit l’a étonnamment peu ébranlée. La Grande-Bretagne découvre soudain tous les avantages de la construction et se divise sur le mode d’association possible. Sur fond de croissance faible et de risques économiques sérieux.

Le noyau dur, mené par la France, veut aller de l’avant avec un pouvoir communautaire plus fort sur la monnaie et la fiscalité. Avec un argument de poids: si les Européens ne se dotent pas d’un puissant outil face aux Américains, aux Chinois et aux Russes, leurs petites nations, déjà affaiblies, compteront de moins en moins dans le grand jeu mondial. Les Allemands suivront Macron, bon gré mal gré. D’autres, pragmatiques eux aussi, se joindront au projet. D’autant mieux que l’UE affiche désormais son désir de renforcer le principe de la subsidiarité: les bagatelles doivent rester du ressort national, les grands enjeux traités au niveau communautaire.

L’ambition n’est pas irréaliste. Les hypernationalistes français et allemands (FN et AfD) sont certes nombreux mais loin de l’être assez pour enrayer une intégration raisonnable.

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