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Dubuffet, l’outil photographique

Luc Debraine

Par Luc Debraine · Publié le 5 juillet 2017 · 2 min de lecture

Dubuffet, l’outil photographique
Jean Dubuffet, Élément bleu XI, maquette pour un petit hôtel particulier, photomontage, 1967. - © Fondation Dubuffet

Chaque jour, un écho des Rencontres de la photographie d’Arles, en Provence. Le festival, en pleine semaine d'ouverture, est marqué comme d’accoutumée par une forte présence suisse. Aujourd’hui, les photographies du peintre Jean Dubuffet, qui tirait parti de la technique pour mémoriser le passé et imaginer le futur de son oeuvre. Une exposition réalisée par une équipe franco-suisse avec l'appui de la Confédération.

Le dynamisme des institutions culturelles en Suisse prend des dizaines de formes aux Rencontres de la photographie d’Arles. A l’étage de l’Atelier des Forges, sur la friche industrielle rachetée par la mécène bâloise Maja Hoffmann, je tombe sur une exposition consacrée à Jean Dubuffet. Plus précisément sur l’emploi de la photo par le grand peintre français (1901-1985). Je croyais en savoir beaucoup sur Dubuffet grâce à Michel Thévoz, ex-directeur de la Collection de l’art brut, également mon ancien professeur à l’Université de Lausanne.

Je me trompais, bien sûr. L’usage ordonné, réfléchi et inventif de la photo par le peintre m’était jusqu’ici inconnu. L’exposition a été conçue par Anne Lacoste du Musée de l’Elysée, Sam Stourzé des Rencontres d’Arles et Sophie Webel, directrice de la Fondation Dubuffet à Paris. Elle a reçu l’appui de la Collection de l’art brut à Lausanne et de la Confédération suisse. Un judicieux attelage franco-suisse pour un propos qui aurait pu être rébarbatif (des images d’inventaires), mais qui ne l’est pas.

Le hasard et l’accident

Quand Jean Dubuffet décide dans les années 1950 de répertorier ses tableaux grâce à la photographie, il montre d’emblée qu’il pense son œuvre comme un tout en développement constant. Cette cohérence dynamique nécessite un rigoureux balisage de chaque étape, de chaque production dont il garde trace détaillée grâce à la photographie. Chaque progrès du médium (les films couleur, le photomontage, la projection) permet à l’artiste de mieux concevoir ses projets, de les soumettre à ses commanditaires, d’en garder par après la mémoire circonstanciée.

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