Et que je te «Halloween»! Et que je te «Black Friday», voire même «Black Friday Week» (sic)! Et que je te lance des «special Thanksgiving sales», des «happy shopping days», histoire de te faire acheter un «doudounne to keep you warm» et si tu ne piges pas un mot de franglais, t’es largué pauvre plouc! Pas de Star Academy pour toi et tes mémoires ne seront jamais un best seller!
Inventé par les Ricains pour booster les ventes des commerces, «Black Friday» (le lendemain de Thanksgiving pour les ignares) c’est le top départ des soldes, suivi du «Cyber Monday», qui se déroule sur internet. Ces journées permettent à des gens qui n’ont besoin de rien et ne se connaissent pas, de s’insulter, de se battre et parfois de s’entretuer, pour acheter n’importe quoi, pourvu que ce soit moins cher qu’hier.
Et comme nous, Européens, sommes aussi malins que les Américains et qu’on aime faire comme eux, on a adopté ce qui fait d’eux les Maîtres du Monde Civilisé: leurs séries TV et leurs jours d’achats frénétiques. Mais nous ne sommes pas les seuls: Black Friday est aussi devenu populaire dans les pays musulmans. Ce qui amène nombre d’imams à s’insurger, car appeler un vendredi «noir» (le vendredi étant le dimanche des musulmans) est blasphématoire et donc, ils exigent qu’on lui trouve un autre nom de baptême, à ce sacré vendredi. Preuve, comme le chantait Brassens, que «quand on est con, on est con», qu’on soit Américain, Européen, Saoudien ou Pakistanais. Finalement, les seuls qui s’en sortent bien, ce sont les Africains (les peuples, j’entends, pas leurs dirigeants): ils sont la plupart du temps trop pauvres pour s’acheter quoi que ce soit et une Play Station quand tu as ni piles, ni électricité, n’est pas considéré comme indispensable, ni en Angola, ni au Congo.





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