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Culture bio: les vérités qui dérangent

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 27 septembre 2019 · 4 min de lecture

Culture bio: les vérités qui dérangent
© Jean-Charles Estoppey

Rien n'est jamais univoque ni monochrome, même en matière de vins, surtout en matière de vins biologiques. La viticulture «bio» nécessite elle aussi des traitements de protection : le «zéro substance» n'existe pas. Mais un débat nuancé et dépassionné autour du bio relève de la gageure en ces temps où le militantisme écologique, souvent mal informé, est à la mode.

Sommaire

Dr. Jean-Charles Estoppey

Médecin de famille et vigneron

Président de Terres de Lavaux à Lutry


La société de ce début de 21e siècle se caractérise par une polarisation de plus en plus importante. D’abord, bien sûr, sur le plan politique avec l’émergence des extrême-droites et des populismes qui usent et abusent des discours simplistes et clivants, des formules-chocs et des arguments purement émotionnels. Mais aussi sur des plans sociétaux autres, comme les enjeux climatiques et les positionnements concernant l’alimentation et la production agricole. Sur tous ces sujets il devient de plus en plus difficile de faire entendre un discours nuancé, dont l’argumentation prend en compte une réflexion globale et différenciée.

Quand le discours polarisé est simpliste voire plus ou moins volontairement trompeur, et s’adresse à des populations souvent ayant peu de connaissances sur les sujets abordés, il est très difficile de relativiser ou de contrer les arguments utilisés.

L’exemple de la culture dite biologique

Il est effarant de constater qu’énormément de gens de tous milieux sociaux pensent que la culture biologique, notamment viticole ne nécessite aucun traitement de protection et consiste à laisser pousser la vigne et attendre les vendanges. Or, depuis la deuxième partie du 19ème siècle et l’arrivée depuis l’Amérique des maladies de la vigne, les traitements de protection sont indispensables partout dans le monde sous peine de pertes de récoltes qui peuvent aller jusqu’à 100%, en fonction du climat. Jusque dans les années 70 la vigne était protégée surtout par des produits à base de cuivre et de soufre. Depuis les années 80 est apparue la lutte dite intégrée, qui a fait appel, en plus des anciens produits, à des substances synthétisées par l’industrie, dans le but d’augmenter l’efficacité des traitements et la durée de leurs effets. Cette forme de lutte a aussi introduit de nombreux autres paramètres innovants qui concernent les cycles biologiques, l’entretien des sols etc.

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