Bel été, gueule de bois et mimétisme


Les festivals font de l’été une saison très agréable. Roger Federer aurait pu en profiter, mais il a raté l’occasion de sa vie. Il reste obstinément attaché à sa tranquille conjugalité, la même qui unit socialistes et libéraux-radicaux vaudois.
Il ne faut pas bouder son plaisir. L’été est une saison fantastique: il fait chaud, le soleil brille et les légumes sont plus formidables qu’en hiver. Et puis il y a toutes ces activités à faire et tous ces festivals où aller. Lorsque les gens partent en vacances ou vont au concert, les rues se vident, les campagnes aussi; le vin blanc semble alors meilleur et comme plus frais sous la tonnelle. Un bonheur qui n’est troublé que par cette habitude qu’ils ont presque tous de raconter ensuite leurs vacances, photos à l’appui, ou de donner leur avis sur les concerts. Certains en font même leur profession.
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Roger Federer a fêté sa dernière victoire à Wimbledon en picolant. «Je ne sais pas ce que j’ai fait la nuit dernière. Je pense avoir mélangé un peu trop d’alcools.» «Une gueule de bois rarissime pour le no 3 mondial, loin d’être un noceur, qui dégage, à 35 ans, une image de père de famille idéal», relate Le Matin. Ce qui est surprenant, c’est que ne se souvenant de rien, le tennisman n’en ait pas profité pour fuir, changer de vie, virer sa cuti, enfin s’éclater. A peine décuité, il est rentré dans le rang. J’en parlais hier soir avec un ami et nous nous sommes souvenus de l’Irlandais George Best (1944-2005), un des plus grands footballeurs de tous les temps, célèbre pour ses aphorismes, comme par exemple: «J’ai claqué beaucoup d’argent dans l’alcool, les filles et les voitures de sport − le reste, je l’ai gaspillé». Je ne sais comment, nous avons ensuite évoqué Claude Nobs, le fondateur du Festival de Jazz de Montreux, et convenu que si l’un d’entre nous mourrait en faisant du ski de fond, l’autre maquillerait cette fin un peu plan-plan en une overdose de stupre et de drogues. Et puis mon ami a cité Guy Debord, le théoricien de la société du spectacle: «Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation».




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