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La démocratie à pile ou face

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 12 janvier 2021 · 6 min de lecture

La démocratie à pile ou face
Quand le tirage au sort vient au secours de la démocratie. - © DR

Trente-cinq français (trente titulaires, cinq suppléants) choisis par tirage au sort pour constituer un collectif chargé de suivre la stratégie vaccinale du pays. C’est la nouvelle annoncée lundi dernier par le gouvernement et qui a largement surpris. Déjà expérimenté en France au moment de la Convention sur le climat, ce mode de participation à la démocratie est décrié par les uns, souhaité et applaudi par les autres. En Suisse, où ce système a longtemps été utilisé, la décision du gouvernement français surprend moins, mais est l’occasion de revenir sur les liens entre tirage au sort et démocratie, représentativité et élections.

Sommaire

La Suisse comme idéal de démocratie participative a été fort caricaturée et invoquée au moment de la crise des Gilets Jaunes. Etaient notamment jalousés les votations et initiatives populaires, et dans une plus large mesure, la décentralisation et le fédéralisme. «On vote tout le temps et à tout propos, en Suisse», résumaient les militants pour l’accession au «RIC», la version française de l’initiative populaire. 

Paradoxe. Un large mouvement populaire plaide pour plus de représentativité, plus d’élections, plus d’occasions de s’exprimer dans les urnes… et l’abstention en France stagne, à des niveaux plutôt élevés. Entre 16 et 25% des électeurs ne se rendent pas aux urnes pour un scrutin présidentiel, jusqu’à 59% (juin 2009) boudent les élections européennes. Les référendums n’ont guère plus de succès: en 2005, 30% d’abstention à la consultation sur la Constitution européenne, près de 70% en 2000 sur le passage du septennat au quinquennat. 

Des exemples français

Dans un contexte politique et social très tendu, alors que la démocratie française semble connaître une «crise» (antiparlementarisme, crise de la représentativité, critique de la déconnexion des «élites»), le président Macron a voulu tendre la main et l’oreille vers «le peuple». La tenue en 2019 du Grand débat national, présenté comme une solution à la crise des Gilets Jaunes, a eu des résultats mitigés. Une consultation menée par l’institut Elabe souligne que pour 63% des sondés, le gouvernement ne tiendra pas compte des points de vue exprimés lors du débat. 

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