«Je ne suis pas une leader, juste une participante»

Publié le 5 août 2019 · 2 min de lecture

«Je ne suis pas une leader, juste une participante»
Greta Thunberg a répondu à quelques questions pour l'UNIL avant de prendre la poudre d'escampette. - © Bon pour la tête 2019 / Amèle Debey

Depuis aujourd’hui et jusqu’au 9 août, quelques 450 jeunes, dont une majorité d’adolescent(e)s, sont réunis à Dorigny, sur le site de l’Université de Lausanne, afin de donner une suite à leur action contre le réchauffement de la planète. Elle devrait prendre la forme d’une initiative pour contraindre l’Union européenne à agir. Parmi les participants, Greta Thunberg, l’adolescente suédoise à l’origine de la grève en faveur du climat. Aux côtés du Vaudois Jacques Dubochet, Prix Nobel de chimie, et de l’Allemand Ernst von Weizsäcker, physicien, la jeune militante a rencontré la presse.

Reconnaissons-le, on lit et on entend toutes sortes de choses au sujet de Greta Thunberg, qui ne laisse décidément personne indifférent. Comme beaucoup, j’ai commencé par applaudir son action. Je me souviens avoir twitté l’un de ses tout premiers extraits de discours. Et puis des voix se sont élevées pour critiquer l’adolescente, qui serait manipulée. Ainsi, l’écrivain Pascal Bruckner qui, dans une tribune du Figaro (09/04/2019), en appelait à Platon dans sa République pour condamner «Greta Thunberg ou la dangereuse propagande de l’infantilisme climatique.»

Que faut-il penser de tout cela?

La jeune Suédoise était-elle vraiment cette dangereuse activiste que certains décrivent?

Eh bien, pour le savoir, n’écoutant que ma curiosité, j’ai voulu en quelque sorte en avoir le cœur net, juger sur pièce et j’ai donc assisté, en compagnie d’une cinquantaine de représentants des média suisses et étrangers, à la conférence de presse à laquelle participait Greta Thunberg. Car, ainsi que je l’ai mentionné, elle n’était pas seule à s’exprimer.

D’abord, n’en déplaise au publiciste Michel Onfray, qui l’a récemment qualifiée sur son blog de «cyborg suédois», notre jeune militante sourit. Oh! certes, un peu timidement. Il n’empêche. Elle est bien vivante. Ensuite ce qui m’a frappé, c’est son extrême modestie.

Loin de vouloir jouer les premiers rôles face à ses deux aînés, Dubochet et von Weizsäcker, qui, et c’est à relever, ont été applaudis plus souvent qu’à leur tour, elle n’a cessé de se présenter en quelque sorte en lanceuse d’alerte. Aucunement en porte-parole du mouvement Smile For Future. «Je ne suis pas une leader, juste une participante», répète-t-elle à l’envi. «Je ne veux pas jouer un rôle spécial, je ne peux pas parler pour le mouvement.» Et de se féliciter simplement d’être là avec toutes ces personnes présentes à Lausanne. Quant à son prochain déplacement outre-Atlantique au Sommet climatique de New York, Greta Thunberg y voit une occasion de s’exprimer directement face aux grands leaders mondiaux, car répète-t-elle, il est plus que temps, l’urgence climatique est là.

Franchement, comment lui donner tort?


Lien internet : https://smileforfuture.eu/

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Tony Mazzocchi, le syndicaliste oublié qui pensa la transition juste

ÉconomieLu ailleursLibre

Tony Mazzocchi, le syndicaliste oublié qui pensa la transition juste

Qui se souvient de Tony Mazzocchi? En refusant d’opposer emplois et exigences environnementales, ce syndicaliste new-yorkais conceptualisa l’idée de transition juste abondamment reprise aujourd’hui, même à la COP30, par exemple. Dans ses actions, le militant syndical a lié étroitement les combats environnementaux aux enjeux sociaux et sanitaires, mais également aux luttes contre le racisme et le sexisme.

Bon pour la tête

Sourire en coin

GéopolitiqueArticle

Sourire en coin

A Davos, Donald Trump n’a pas seulement multiplié les provocations: il a surtout mis à nu le désarroi des dirigeants européens, qui feignent aujourd’hui la surprise face à un rapport de force qui ne date pourtant pas d’hier. Car si le spectacle est nouveau, la dépendance de l’Europe, elle, ne l’est pas.

Jacques Pilet

Colonialisme danois

GéopolitiqueArticleLibre

Colonialisme danois

Les Européens s’agitent, effarés, devant la menace d’annexion du Groenland par les USA. Mais qu’en pensent les habitants de cette île, la plus grande du monde, plus proche de l’Amérique que de l’Europe? Ils ne portent pas le Danemark dans leur cœur. Et pour cause. Ils n’ont pas oublié les horreurs de ce colonialisme, peu rappelées dans les commentaires sur le suspense géopolitique actuel.

Jacques Pilet