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L’Italie entre illusions perdues et désespoir européen

Chantal Tauxe

Par Chantal Tauxe · Publié le 6 mars 2018 · 10 min de lecture

L’Italie entre illusions perdues et désespoir européen
Sur le coup des 23 heures dimanche, les premiers sondages sortis des urnes donnaient le Mouvement 5 étoiles en tête des élections italiennes, scellant l'écroulement du Parti démocrate, leader de la coalition au pouvoir à Rome depuis 2013. - © DR

Imbroglio électoral inédit dans la Péninsule: le mouvement 5 étoiles, anti-système, devance les partis traditionnels et revendique le droit de gouverner. Après Angela Merkel en Allemagne, Sergio Mattarella se voit confier l'impossible mission d'introniser une coalition viable. Sous l'œil médusé et craintif des Européens, qui ont leur part de responsabilité dans ce chaos.

Sommaire

Il n’y a plus d’Europe des nations, quoi que prétendent les nationalistes. Il n’y a plus de petits espaces refermés sur eux-mêmes, imperméables à ce qui survient par delà leurs confins. L’abolition des frontières commerciales, la création du marché unique, l’instauration d’une monnaie commune ont liés les pays de l’UE entre eux dans une profonde interdépendance de faits, que les souverainistes refusent pathétiquement de considérer. Ce qui se passe chez les partenaires concerne tous les membres du club, a des effets sur leur propre capacité à agir ou avancer dans la résolution des problèmes. La construction européenne passe pour un chef d’œuvre de technocratie, mais c’est une vue très partielle et partiale des forces qui la travaillent: l’UE est chaque jour un peu plus un espace public, collectivement influencé par des échéances politiques nationales.

Ainsi, depuis septembre dernier, toute l’Europe a eu les yeux rivés sur Berlin et les incroyables difficultés endurées par Angela Merkel pour obtenir une coalition gouvernementale. Sa réussite ou son échec étaient jugés cruciaux pour tous les partenaires de l’Allemagne. Dimanche matin, lorsque la base du SPD a donné son feu vert à la GroKo (Grosse Koalition), des soupirs de soulagement ont dû se faire entendre à Bruxelles, à Paris et dans toutes les capitales.

Entre Mission Impossible et illusions perdues

Répit de courte durée. A peine une petite demi-journée. Sur le coup des 23 heures, les premiers sondages sortis des urnes donnaient le Mouvement 5 étoiles en tête des élections italiennes, scellant l’écroulement du Parti démocrate, leader de la coalition au pouvoir à Rome depuis 2013.

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