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Le marchand de sable ne passera (bientôt) plus

Gian Pozzy

Par Gian Pozzy · Publié le 22 février 2018 · 3 min de lecture

Le marchand de sable ne passera (bientôt) plus
Sur le Mékong, au Vietnam, le dragage du sable a favorisé l’intrusion d’eau de mer dans le fleuve, ce qui nuit aux cultures et affecte les réserves d’eau douce. - © Akuppa John Wigham

A l’instar des étoiles, des flocons de neige et des brins d’herbe, le sable nous semble disponible en quantités infinies. «C’est un peu comme le pétrole, décrit Jianguo Liu, de la Michigan State University. Il faut beaucoup de temps pour le fabriquer et on ne sait pas le ressusciter.» C’est ennuyeux, car le sable est à la base de la civilisation, il est un ingrédient crucial pour le béton, les briques, le verre et les micropuces. Et les efforts accrus pour en extraire davantage nuisent à l’écosystème. Le sable est l’objet d’un long article du chercheur américain Julian Smith dans l’hebdomadaire scientifique britannique «New Scientist». Et ça fait peur.

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Pensez à du sable, vous imaginerez sans doute de longues étendues brûlantes le long de la mer, largement composées de dioxyde de silicone. Or le sable ne se définit pas par sa composition mais par sa granulométrie, plus réduite que le gravier, plus grande que le limon: grosso modo, entre 2 et 0,06 millimètres. Chaque taille sert à des applications différentes, mais 60 à 75% du sable que nous extrayons sert à fabriquer du ciment, du béton. Et nous en utilisons environ 30 milliards de tonnes par année, de quoi construire tout autour de l’équateur une muraille de 27 mètres de haut pour 27 mètres de large.

Le sable du Sahara ne sert à rien: ses grains sont trop petits, trop polis par le vent. Les meilleurs gisements de sable sont les lits de rivière, les plages et les hauts-fonds marins. Extraire le sable de tels endroits risque de ravager l’environnement: en quelques années, des pirates du sable ont volé tellement de matériau en Indonésie qu’au moins 24 îlots ont disparu corps et biens. Le sable serait pour l’essentiel transféré vers Singapour, où les besoins sont immenses. A Djakarta, on craint une catastrophe écologique.

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