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Le nomadisme forcé des biens culturels

Diana-Alice Ramsauer

Par Diana-Alice Ramsauer · Publié le 27 janvier 2018 · 4 min de lecture

Le nomadisme forcé des biens culturels
Le trafic d’œuvres d’art volées ne s’est pas arrêté après la période coloniale. Ces dernières années, ce sont des œuvres venues de pays en guerre comme la Syrie ou l’Irak qui ont éveillé quelques soupçons. (Ici, Palmyre avant destruction) - © Eric Paradis

En raison du rapport Savoy-Sarr présenté en France en fin novembre dernier, nous republions cet article sur les enjeux de la restitution des oeuvres d'art; papier dans lequel Erick Cakpo, Docteur en sciences des religions à l’Université de Strasbourg faisait un tour d’horizon des questions liées aux biens culturels mal acquis et posait la question « à qui appartient l’art » dans le journal en ligne «The Conversation». Points forts de son article et réflexions au niveau suisse.

Sommaire

A la question, est-ce que la Suisse détient des œuvres d’art mal acquises, le chef chef de la section Musées et Collections à l’Office fédéral de la Culture Benno Widmer répond «cela n’est pas à exclure». La question de la restitution de ces biens culturels se pose dans tous les pays, qu’ils aient été très impliqués dans la colonisation ou moins directement comme la Suisse: «Nous participons activement aux réunions de l’UNESCO sur les thématiques de protection du patrimoine culturel, de lutte contre son trafic illicite et de retour dans les pays d’origine», précise-t-il. On l’aura compris, l’Office de la culture à Berne n’est pas là pour désigner des coupables, mais pour «trouver des solutions équitables à un problème connu». Soit. L’important est de mettre en œuvre la loi fédérale sur le transfert international des biens culturels (LTBC) de 2005, qui exige des marchands d’art de prouver l’origine d’un bien culturel. C’est donc à cela que s’astreignent les autorités suisses.

Le trafic d’œuvres d’art volées ne s’est pourtant pas arrêté après la période coloniale. Ces dernières années, ce sont des œuvres venues de pays en guerre comme la Syrie ou l’Irak qui ont éveillé quelques soupçons. En 10 ans (entre 2005 et 2015), l’inspection des douanes a engagé plus de 160 procédures pénales, qui ont conduit à 70 condamnations. Selon un article de la Tribune de Genève du 6 mai 2015, au niveau mondial, le trafic des biens culturels se classait juste après celui des armes et de la drogue.

«La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît» Victor Hugo

Comme le phénomène n’est pas isolé – et surtout absolument pas récent, puisqu’il avait déjà lieu à l’Antiquité – il est important de comprendre les raisons de l’appropriation d’objets, et notamment en contexte de conquête.

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