La Grèce à l’école de… la Bolivie


Après sept ans de remède de cheval, Athènes voit enfin se profiler la reprise de son économie. Trente-deux ans plus tôt, la Bolivie subissait une expérience encore plus douloureuse. Et présente aujourd'hui un visage bien plus prospère, même si toujours très pauvre.
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Athènes, ville recouverte des tags hurlant la colère de ses habitants frustrés par sept ans de crise, se remet à espérer la fin de son calvaire. Graduellement, les Européens et le FMI lèvent la tutelle qu’ils imposent au pays en échange de la ligne de survie qu’il lui ont accordée. Bruxelles a proposé le 12 juillet de lever la «procédure de déficit excessif», signalant le retour d’Athènes dans le cercle des nations financièrement souveraines. L’étape est certes «très symbolique», comme l’a relevé le commissaire européen Pierre Moscovici, vu que les aides vont se poursuivre au moins jusqu’en 2018 et que le gouvernement doit encore couper dans ses dépenses. Mais au moins les Grecs peuvent-ils se remettre à espérer retrouver un meilleur niveau de plutôt que de constamment le réduire.
La démocratie hellénique est le dernier pays à avoir subi les rigueurs des ajustements structurels infligés par les pays créanciers envers leurs débiteurs insolvables. Une longue histoire jalonnée de violences politiques et financières, de chômage de masse et de générations perdues, ayant affecté des nations aussi diverses que l’Argentine et le Mexique, la Russie et la Pologne, les Philippines et la Corée du Sud, l’Ethiopie et le Sénégal. L’un des premiers exemples a été livré par la Bolivie en 1985. Aujourd’hui, ce pays affiche une bien meilleure santé économique qu’il y a trente ans.
Prospère, mais toujours pauvre
Certes, ce pays d’Amérique du sud enclavé entre le Pérou, le Brésil et le Chili ne s’est pas extrait de la pauvreté. «Les inégalités de revenus dans les villes ne se sont pas creusées ni réduites (…). Mais l’on note un creusement des inégalités de revenu entre les villes et les campagnes, qui demeurent très pauvres », résume une étude de l’Université de Kiel à la demande de KfW, la banque de développement allemande. Mais le revenu par tête a explosé, le salaire minimum a quadruplé en dix ans alors que l’inflation demeure sous contrôle. En clair, dans la moyenne, les gens ont un meilleur revenu qu’il y a une génération, même s’il demeure très bas.




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