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Par amour du goût

Robin Jaunin

Par Robin Jaunin · Publié le 2 juillet 2017 · 2 min de lecture

Par amour du goût
Grave: film de cannibale et d’ambiance, comique, romantique parfois, sanglant dans tous les cas. - © DR

«Grave», c’est le genre d’expérience qui vous marque. Celle qui laissera, consciemment ou non, une trace dans votre esprit. Celle qui prouve que le cinéma de genre n’est pas mort en France.

Dire que le public du NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival) attendait «Grave» serait un doux euphémisme. Le film de la jeune réalisatrice française Julia Ducournau était programmé en compétition internationale l’an passé, mais des différends contractuels avaient annulé au dernier moment sa présence. Entre-temps, il a tourné dans divers festivals et s’est taillé rapidement une solide réputation dans le film de genre. Le voici finalement, projeté en Open Air, pour le début de cette 17e édition. On nous prévient: «Des gens se sont évanouis aux USA! J’espère que vous êtes prêts.» La tension monte, le film débute.

On y découvre Justine, une jeune végétarienne qui suit les traces familiales en entrant à l’école de vétérinaire. Le bizutage de rentrée arrive rapidement: un organe de lapin, que Justine doit avaler. Mais les répercussions ne se font pas attendre, allant même jusqu’à des pulsions… cannibales. Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, le film est une réussite. La réalisatrice, dont «Grave» est le premier long-métrage, nous embarque dans une expérience flirtant avec les genres. Film de cannibale et d’ambiance, comique, romantique parfois, sanglant dans tous les cas. Et bien que cette réunion semble étrange sur le papier, le résultat est un melting pot qui déstabilise, dans le bon sens du terme. L’empathie créée autour du personnage de Justine, une jeune fille qui découvre la dure loi de l’adolescence et du passage à l’âge adulte, est mise à mal lorsqu’elle expérimente sa nouvelle nature. Surtout quand elle grignote un doigt humain, entre curiosité et peur, entre absurdité de la situation et mal-être d’y être confrontée.

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