Un peu de philo à la TV bobo


Sur le plateau de C à vous, le philosophe Raphaël Enthoven a parlé de communautarisme, de l'ethnocentrisme occidental et des bobos, déplorant − suite à l'agression dont a été victime la politicienne parisienne Nathalie Kosciusko-Morizet − le racisme qu'ils subissent.
Hier soir, le philosophe médiatique Raphaël Enthoven – il est tous les matins sur Europe 1 pour La morale de l’info – était l’invité de la première partie de C à vous, sur France 5. L’occasion pour Anne-Sophie Lapix, l’animatrice du talk show, de tester sur lui quelques-uns des thèmes du Bac philo 2017. Dont: «Peut-on se libérer de sa culture». Le philosophe y a tout de suite vu une allusion au communautarisme. «Il y a plusieurs sortes de cultures. Il y a l’enfermement dans un folklore ou la culture qui vous libère de votre folklore. Mais la culture qui prétend vous affranchir de votre folklore, de vous faire tendre à l’universel, de vous débarrasser de vos appartenances particulières est aussi une culture particulière, puisque c’est l’Occident. C’est le reproche qu’on fait à l’idée d’universel à l’occidentale, qui est au fond particulièrement ethnocentriste. Un ethnocentrisme qui s’ignore. En troisième partie de la dissertation, j’irai vers l’idée que se libérer d’une culture, c’est penser contre soi-même.»
Un raisonnement particulièrement intéressant, qui a laissé l’animatrice et ses chroniqueurs sans voix. Ils n’ont pas l’habitude de propos de ce niveau sur leur plateau où habituellement on déroule plutôt la bonne pensée dominante du moment.
«Sale bobo de merde»
Et puis est arrivé le moment d’évoquer l’agression dont a été victime Nathalie Kosciusko-Morizet – qui lui a causé un traumatisme crânien – sur un marché parisien où elle faisait campagne. Un homme l’a bousculée en hurlant: «Sale bobo de merde, c’est à cause de vous qu’on a Hidalgo à Paris». Dénonçant bien évidement la violence faite à la politicienne, Raphaël Enthoven a dit être surtout intéressé par l’insulte, «cette bobophobie, cet étrange racisme qu’on a le droit d’éprouver. On a le droit de dénigrer le bobo, alors qu’on ne sait pas du tout ce que c’est. La définition est confuse et pourtant la détestation est permanente et confine à la violence». Et on a compris que Raphaël Enthoven se sentait lui-même insulté comme bobo, victime, comme d’ailleurs toutes les personnes présentes sur le plateau avec lui.


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