Chaque seconde, des systèmes automatisés suppriment des milliers de vidéos, ferment des comptes, déréférencent des publicités. Derrière cette hygiène numérique industrielle se cachent des choix politiques, des intérêts commerciaux et des angles morts béants. Enquête sur un nettoyage qui ne finit jamais.
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Il y a quelque chose de vertigineux dans les chiffres que TikTok publie chaque trimestre dans ses rapports de transparence. Pour le seul quatrième trimestre 2025, la plateforme affirme avoir supprimé 175,3 millions de vidéos dans le monde, dont 152 millions détectées automatiquement avant même qu’un utilisateur n’ait eu le temps de signaler quoi que ce soit. Soit, en gros, deux millions de suppressions par jour. Chaque jour. En continu.
Meta fait de même, à une échelle comparable. Google retire des millions de publicités frauduleuses chaque année. Le tableau de bord de cette guerre invisible ressemble à un compteur de vitesse bloqué en zone rouge: jamais à l’arrêt, jamais suffisant.
Car, malgré cet effort colossal, les arnaques pullulent. Les faux banquiers suisses, profil lisse, anglais impeccable, rendement garanti à 12 %, continuent d’inonder Instagram. Les faux médecins vantent des cures miracles contre le diabète ou le cancer entre deux danses virales. Les agences de voyage fantômes encaissent des acomptes pour des hôtels qui n’existent pas. Et, sur TikTok, il suffit de chercher quelques mots-clés sensibles pour voir apparaître, en quelques défilements, des appels explicites à la violence et au suicide. L’algorithme mène là où on ne lui a pas demandé d’aller.





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