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La faille qui a permis à Voltaire de dévaliser l’Etat français

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 22 mai 2026 · 14 min de lecture

La faille qui a permis à Voltaire de dévaliser l’Etat français
© Depositphotos

Voltaire ne s’est pas contenté d'écrire contre le pouvoir. En 1730, avec le mathématicien La Condamine, il monte un syndicat de treize complices pour exploiter une faille légale dans une loterie d'Etat, raflant l'équivalent de plusieurs millions d'euros sans enfreindre une seule loi. Une opération qui le rend riche et lui offre le droit de penser librement.

Sommaire

Nous sommes au début de l’année 1729, dans un salon huppé de Paris. Deux hommes mènent une discussion qui changera leur vie. François-Marie Arouet, plus connu sous son nom de plume – Voltaire – écoute attentivement le mathématicien et explorateur Charles-Marie de La Condamine. Ce soir-là, le jeune Voltaire comprend qu’il peut dévaliser l’Etat français sans enfreindre une seule loi. Et c’est ce qu’il fera. Avec cet argent, il acquerra le droit de penser librement.

Cette histoire, aujourd’hui très peu connue du grand public, éclaire d’un jour nouveau le parcours et l’œuvre du grand philosophe des Lumières. Elle est bien racontée par Fabien Olicard sur sa chaîne YouTube. Mais avant de l’expliquer en détail, remontons un peu le temps. La société française d’Ancien Régime est dominée par l’aristocratie. Sans nom de famille et sans fortune, la loi est souvent défavorable. En 1726, Voltaire se prend de bec en public avec le chevalier de Rohan-Chabot. Ce dernier, en représailles, le fait tabasser par ses valets et obtient du roi son emprisonnement à la Bastille sans aucun procès. Voltaire parvient à négocier sa libération, mais doit s’exiler en Angleterre.

Lorsqu’il rentre en France, deux ans plus tard, il a l’esprit revanchard. Il comprend qu’à défaut d’avoir un nom, pour être respecté, il faut de l’argent. Beaucoup d’argent. Sa rencontre avec Charles-Marie de La Condamine tombe à point nommé. Ce dernier, fils d’un receveur général des finances, a observé une faille dans le fonctionnement de la loterie mise en place en 1728 par Michel-Robert Le Peletier des Forts, contrôleur général des finances.

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