Les frappes menées par Israël à Doha le 9 septembre dernier ne sont pas un incident parmi d’autres: elles ont fait voler en éclats la diplomatie, ruiné la confiance internationale et précipité le basculement géopolitique du Moyen-Orient. C’est un séisme qui plonge le monde dans une nouvelle ère. Quant à Israël, il n’a fait qu’alimenter la dynamique qu’il prétend contenir. Décryptage.
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Le 9 septembre 2025 restera une étrange date anniversaire pour la diplomatie et le droit international: Israël a frappé Doha en visant une délégation palestinienne en pleine médiation et pourtant réunie à sa demande. L’attaque, d’une précision et d’une audace inattendue, a transformé l’une des capitales émergentes de la diplomatie mondiale en un énième théâtre d’agression de Tsahal.
À travers les images de l’immeuble éventré et des véhicules calcinés, se lit un message à la fois simple et pourtant terrifiant: la diplomatie n’est plus un sanctuaire. Et pour cause, dès lors que l’on utilise une négociation comme appât pour frapper et assassiner, on tue le droit international. On enterre la confiance entre Etats. Et l’on met le feu aux leviers classiques de la diplomatie.
D’ailleurs, ces frappes ne doivent pas être comprises comme un incident isolé. Elles s’inscrivent dans une stratégie régionale d’expansion et d’intimidation beaucoup plus vaste qui a déjà visé Gaza, la Cisjordanie, la Syrie, le Liban, le Yémen, l’Iran et jusqu’à la Tunisie, où mouillaient les navires de la flottille pour la paix. Mais frapper Doha et le Qatar – pays médiateur mandaté par Benjamin Netanyahou en personne – qui jouait-là un rôle d’intermédiaire auprès du Hamas, c’est franchir une ligne que la communauté internationale ne peut plus ignorer et qui vient bousculer des pratiques de civilisation pourtant ancrées, où l’inviolabilité des agents diplomatiques et le respect de la parole donnée ont fait office de règles sacrées durant des millénaires.
Diplomatie et guerres du renseignement
Outre le caractère spectaculaire et audacieux de l’opération israélienne, l’un des éléments les plus frappants de cet épisode est la chronologie: la délégation du Hamas présente à Doha aurait été prévenue dix minutes avant l’attaque par les services de renseignement turcs. Ceux-ci auraient intimé à ses membres l’ordre de laisser leurs téléphones portables sur place et de fuir les lieux. Grâce à cette alerte, les principales têtes présentes ont échappé à une mort certaine, tandis que des opérateurs secondaires du Hamas et un officier qatari de haut rang ont péri dans l’attaque.






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