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Arrivera-t-on à préserver notre environnement vital?

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 23 mai 2025 · 2 min de lecture

Arrivera-t-on à préserver notre environnement vital?

«Les jeunes peuvent-ils sauver la planète?», dialogue entre Salomé Saqué et Jean-Marc Jancovici, Editions Sphères, 32 pages.

Salomé Saqué est une journaliste de 29 ans, «en charge du pôle économique du média Blast, autrice notamment du livre Sois jeune et tais-toi (Ed. Payot, 2022)». Jean-Marc Jancovici, lui, est un ingénieur de 62 ans, «concepteur du bilan carbone, fondateur du cabinet de conseil Carbone 4 et du think tank The Shift Project». Leur rencontre est tout à fait intéressante, malgré un titre un peu stupide, la question n’étant pas de sauver la planète, qui en a vu d’autres – notamment cinq épisodes d’extinction massive –, mais de préserver notre environnement vital. Jancovici est comme d’habitude impeccable dans sa position d’analyste factuel refusant idéologie et moraline. «Les jeunes, malheureusement, n’ont pas un comportement spécialement plus vertueux que leurs aînés», explique-t-il. Salomé Saqué, elle, pense qu’il est «illusoire de dire que les jeunes peuvent changer les choses tout seuls», mais se trompe lorsqu’elle prétend «on est la première génération depuis 1945 qui vit avec une guerre sur le sol européen», oubliant – elle n’est pas la seule – les guerres de Yougoslavie (1991-2001). C’est surtout pour Jancovici qu’il est utile de lire cette brochure. Il explique notamment que préserver notre environnement passe par une forme de sobriété et par la revalorisation d’autres filières que le tertiaire: «La traduction logique de ce système du point de vue du consommateur, c’est que les objets vont s’acheter plus cher, en moins grande quantité, et qu’on cherchera à les faire durer plus longtemps. C’est exactement le système qui existait avant l’abondance énergétique.» Jancovici relève par ailleurs des contradictions inhérentes au capitalisme: «On ne peut pas demander aux individus de moins utiliser quelque chose alors que la société s’organise pour qu’on ait besoin de plus utiliser cette chose», dit-il à propos des écrans du numérique. 

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