Nadège est un peu déprimée par l’actualité

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 14 janvier 2022 · 3 min de lecture

Nadège est un peu déprimée par l’actualité
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Retrouvez chaque semaine les tragi-comiques péripéties de la famille Schinken Pochon − La sélection naturelle est un sujet délicat à aborder, Nadège s’en rend compte. Comme elle constate que tout ce en quoi elle croit peut être cruellement remis en question, parfois par ses propres enfants, et que son mari n’est pas à proprement parler un mâle alpha. Heureusement qu’il reste des valeurs sûres, comme la fondue. Quoique…

Jacques-André Schinken est professeur d’histoire-géographie, il vote socialiste, il a 56 ans. Nadège Pochon est psychologue, elle vote Vert Libéral, elle a 55 ans. Ils ont deux enfants, Simon-Pierre, 21 ans, étudiant en droit, et Prune, 19 ans, artiste.

L’attitude de Simon-Pierre à Noël a été choquante. C’est cette histoire de sélection naturelle qui ne passe pas. «Nous ne sommes quand même pas des animaux ou des plantes», s’est étranglé mon père. Comment faire comprendre à mon Simounet que l’évolution semble parfois manquer de logique? Je pourrai prendre Jacques-André comme exemple: fils de notaire radical il est devenu enseignant socialiste. Comme quoi… 

«Effectivement, on est bien obligé de constater que ces crétins de pauvres se perpétuent plus massivement que l’élite», a acquiescé Simon-Pierre. Je ne devrais pas le laisser parler comme ça, je sais, mais que voulez-vous, il est HP. Et puis, je ne peux pas entièrement lui donner tort: sa sœur a déjà avorté deux fois et lui est encore puceau. Il se garde pour l’amour avec un grand A. «Il ferait mieux de se faire un petit Q», a rétorqué Prune. Pourquoi ai-je voulu un second enfant?

J’ai fait une découverte étonnante au Téléjournal, un nouveau conseiller fédéral avec un nom de liqueur: Ignazio Cassis. C’est dingue. Il l’avaient gardé dans un placard en attendant son année de présidence? Alain Berset, qu’on a bien assez vu, lui, a annoncé la réduction de la durée des quarantaines. Cinq jours, c’est déjà cinq de trop, mais au moins il commence à comprendre qu’il vaut mieux être malade avec une économie forte qu’en bonne santé dans un pays sous-développé.   

Je vais voter non à l’interdiction de la publicité pour le tabac le 13 février. Déjà que nous vivons dans une dictature sanitaire, on ne va pas en plus censurer la publicité. Je suis pour la liberté de commerce, ceux qui ne sont pas d’accord n’ont qu’à aller voir en Corée du Nord si on y vit mieux qu’ici. Même à Cuba le tabac est autorisé. Pour une fois, Prune est d’accord avec moi. «Une petite pipe n’a jamais fait de mal à personne», a-t-elle approuvé. Finalement, elle sait se montrer raisonnable…

Jacques-André a tenu à ce que nous regardions ce nouveau film dont tout le monde parle: Don’t Look Up. Mon Dieu, pourquoi s’acharner à vouloir toujours faire peur aux gens? Il paraît qu’il a beaucoup de succès. C’est affolant à quel point notre société développe des pulsions masochistes. En plus, voilà qu’on nous annonce que les voitures hybrides polluent. Vous verrez que bientôt ils s’attaqueront aux voitures électriques. Ils veulent quoi à la fin? La mort du capitalisme?

Décidément, les mauvaises nouvelles s’accumulent cette semaine. Les Etats-Unis ne reconnaissent pas l’appellation certifiée du gruyère. Déjà qu’on nous confisque notre liberté avec les mesures sanitaires, en plus on veut nous saloper la fondue. Le monde va mal!

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