A la fin, c’est l’Europe qui gagne

Publié le 23 juillet 2020

Christine Lagarde, Présidente de la Banque centrale européenne, Angela Merkel, Chancelière allemande, et Ursula von der Leyen, Président de la Commission européenne. – © DR

Malgré les Cassandres, les 27 ont réussi en un temps record à se mettre d'accord sur un plan de relance d'une portée historique. Le spectacle des divisions européennes relève du passage obligé, à destination des opinions publiques. Derrière le compromis, de grands changements se profilent.

L’Europe se fait dans les crises. L’adage de Jean Monnet se vérifie. Le sommet européen du 17 au 21 juillet a pris des allures de crise de nerfs, en quasi direct. Négocier à 27 n’est pas facile, la règle de l’unanimité donne un droit de veto extravagant aux états membres qui les entraîne logiquement à monter les enchères, et alimenter le marchandage.  C’est que chacun a des comptes à rendre devant son opinion publique et aussi, bientôt, devant son parlement. Il fallait donc bien ce spectacle pour que chacun puisse rentrer la tête haute. Ce fut plus long qu’un tweet du président américain, et plus transparent qu’une séance du comité central du parti communiste chinois. La démocratie est un jeu complexe, mais qui produit au terme d’un processus souvent laborieux et confus une légitimité à nulle autre pareille.

Une performance impressionnante 

Tous ceux qui mettent en avant la désunion européenne, les lignes de fractures nord-sud ou est-ouest, devraient revoir leur lexique. A la fin, laborieusement mais sûrement, l’union a triomphé. Quatre ans après le Brexit qui devait faire éclater l’UE, quatre mois après le début de l’éprouvante crise sanitaire du COVID-19, deux mois après que la Commission a reçu mandat de proposer un plan de relance, le Conseil européen s’est mis d’accord sur un paquet financier global (budget et plan de relance) de 1800 milliards d’euros, soit 10% du PIB des états-membres. Il se trouvera toujours des Cassandres pour pointer tel ou tel détail et affirmer que l’on aurait...

Ce contenu est réservé aux abonnés

En vous abonnant, vous soutenez un média indépendant, sans publicité ni sponsor, qui refuse les récits simplistes et les oppositions binaires.

Vous accédez à du contenu exclusif :

  • Articles hebdomadaires pour décrypter l’actualité autrement

  • Masterclass approfondies avec des intervenants de haut niveau

  • Conférences en ligne thématiques, en direct ou en replay

  • Séances de questions-réponses avec les invités de nos entretiens

  • Et bien plus encore… 

Déjà abonné ? Se connecter

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Economie, Politique

Ormuz miné: le monde sans plan B

Le Guide iranien est mort. Son fils héritier appelle à la vengeance. Ormuz, lui, est bien vivant et il tue à petit feu l’économie mondiale. Un détroit de 24 miles de large miné par des Gardiens de la Révolution sans maître, négocié par des diplomates sans prise, redouté par des (...)

Sid Ahmed Hammouche
Politique

Les deux leçons du 14 juillet

Les Suisses n’ont aucune raison de mettre le nez dans la célébration de la Fête nationale française. Mais cette année, ils feraient bien, comme tous les Européens, d’ouvrir l’œil sur les particularités de l’évènement voulues par Emmanuel Macron.

Jacques Pilet
Politique

Sommet d’Ankara: le revolver d’Erdogan ou le suicide stratégique de l’Europe

Le sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet 2026 marque-t-il le moment où l’Europe a définitivement basculé d’une logique de dissuasion vers une logique de préparation à la guerre? Il a en effet consacré une évolution stratégique qui pourrait rapprocher progressivement l’Europe d’une logique de confrontation durable avec la (...)

Hicheme Lehmici
Politique, Sciences & TechnologiesAccès libre

Crépuscule énergétique: l’Europe, laboratoire du monde d’après?

A l’ère de la contraction matérielle, la question de la pérennité du capitalisme ne se pose plus seulement en termes idéologiques: elle se heurte à un ensemble de limites physiques. La raréfaction des ressources bon marché modifie les rapports de force et redessine les cartes. Déstabilisées par l’émergence de ce (...)

Bon pour la tête
Politique

La liberté de parole en peau de chagrin

L’Europe, qui se targue d’être le lieu le plus démocratique du monde, a du souci à se faire. On apprend qu’un citoyen allemand et sa famille ont été frappés par le Conseil européen des mêmes sanctions que le fameux Jacques Baud. Et voilà que la Cour de justice européenne en (...)

Jacques Pilet
Politique

Damas, Beyrouth, Ankara: la nouvelle carte du Levant

Pendant que la France mise sur la reconstruction syrienne et que l’Iran cherche à revenir dans le jeu régional, le Liban, lui, reste à l’écart, oublié du cortège présidentiel français et des priorités diplomatiques. Entre insécurité persistante et rivalités de puissances, Paris joue seul sa carte au Levant, sans filet (...)

Sid Ahmed Hammouche
Sciences & TechnologiesAccès libre

A qui profitent les nouvelles technologies?

Les nouvelles technologies sont souvent présentées comme des progrès inéluctables. Mais à force de vouloir tout numériser, ne crée-t-on pas des systèmes plus coûteux, plus vulnérables et plus profitables aux grandes entreprises qu’aux citoyens?, se demande notre lecteur Michel Vonlanthen suite à la lecture de l’article de Martin Bernard «Euro (...)

Bon pour la tête
Economie, Société

Euro numérique, la première brique d’un crédit social européen?

L’euro numérique vient de franchir une étape importante au Parlement européen. Présenté comme un gage de souveraineté financière et un «filet de sécurité» en cas de crise, le projet inquiète pourtant ses détracteurs. Derrière la promesse technique se profilerait l’infrastructure d’un argent «programmable» aux relents de crédit social à la (...)

Martin Bernard
Histoire, Culture

Comment l’Inde a transformé le monde

«La Route de l’Or», de William Dalrymple, qui vient de paraître aux Editions Noir sur Blanc, raconte la période durant laquelle l’Inde ancienne a étendu son empire intellectuel et économique, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Et comment celui-ci a décliné, en partie parce que les Indiens ont donné aux Européens (...)

Patrick Morier-Genoud
Economie, Politique

La «paix» au Proche-Orient nous sauvera-t-elle de la crise économique?

Du brut à l’hélium, du soufre au naphta, la guerre américano-israélienne contre l’Iran a mis à nu la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’accord de paix entre Washington et Téhéran ouvre la voie à une décrue. Mais la paix ne suffira pas à refermer aussitôt des plaies économiques qui mettront (...)

Sid Ahmed Hammouche
Economie

Jamais les leaders européens n’ont été aussi impopulaires. Crise en vue?

Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer: les principaux dirigeants européens battent des records d’impopularité, tandis que les leaders dits «populistes» résistent mieux à l’épreuve de l’opinion. Au-delà des sondages, ce décrochage interroge la capacité des élites libérales à entendre les attentes de leurs peuples et à répondre à leurs préoccupations (...)

Guy Mettan
Politique, Histoire

Signaux clairs et sombres de l’Ukraine à l’Europe

La guerre finie, tôt ou tard, l’Ukraine s’arrimera plus encore à l’Europe. Ce qu’elle souhaite ardemment. Mais sous quel visage? Moderne et démocratique ou dans l’emprise des ultra-nationalistes néo-nazis honorés à Kiev?

Jacques Pilet
Politique

Tunisie, la grande désillusion

Sous le régime de Kaïs Saïed, le pays qui incarna le «printemps arabe» est devenu une vaste cage. Économie sinistrée, presse muselée, opposants derrière les barreaux: quinze ans après la révolution du jasmin, la Tunisie se bat contre ses vieux démons.

Sid Ahmed Hammouche
EconomieAccès libre

Pharma: quand les géants rachètent leurs rivaux pour mieux les enterrer

De Biontech à Sanofi, en passant par Pfizer et Novo Nordisk, les «rachats prédateurs» se multiplient dans l’industrie pharmaceutique. Derrière les discours sur les synergies et l’innovation, certaines acquisitions viseraient surtout à neutraliser des concurrents prometteurs, à préserver des positions dominantes et à maintenir des prix élevés — au détriment (...)

Martina Frei
PolitiqueAccès libre

Jusqu’où la Suisse peut-elle absorber la croissance de sa population?

Michel Vonlanthen réagit à l’article de Jacques Pilet «Trop d’étrangers? Vieux débat… sur l’avenir». En prévision de la votation du 14 juin prochain sur l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions!», il analyse les tensions liées à la croissance démographique en Suisse et interroge le rôle des dynamiques économiques (...)

Bon pour la tête
Economie, PolitiqueAccès libre

La valse opaque des milliards européens

L’Union européenne a construit un système de solidarité entre les régions et les Etats qui a fait ses preuves. Mais son opération de soutien lors de la crise Covid a débouché sur un cafouillage total. C’est la Cour des comptes européenne qui le dit. Et gare aux cadeaux pour l’Ukraine.

Jacques Pilet