Non, le sérieux n'est pas toujours là où l'on croit. Cette chronique d'Anna Lietti paraît tous les mois dans 24heures.
Qui l’eût cru, eux aussi! Les pères souffrent de dépression post-partum dans une proportion presque égale (10,4%) à celle des femmes (12%). C’est l’impressionnant constat d’une recherche issue de la Haute école de santé de Genève*.
Comment se fait-il que nous n’ayons rien vu? Réponse des chercheuses: parce que les hommes en souffrance consultent moins. Mais aussi parce que leur souffrance prend des formes très très déguisées, à mille lieues du lacrymal baby-blues maternel.
Exemples: ils tombent urgemment amoureux d’une collègue de bureau. Ils flambent les économies du ménage au casino. Ils cognent. Ils partent en mission professionnelle longue durée au Kamtchatka. Ça s’appelle le mécanisme de réponse combat-fuite (fight or flight) et si on vous l’explique comme ça, je suis sûre que vous aussi, finalement, vous vous dites que vous connaissez un tas de pères en dépression périnatale. A l’adresse de Madame, le message des chercheuses est donc: si votre homme part au Kamtchatka ou prend une maîtresse pile pendant votre séjour à la maternité, ce n’est ni un salaud ni un connard. C’est un homme qui a besoin d’aide.






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