Saisie de 100 kilos d’or en route pour la Suisse


L'enquête de Bon pour la tête publiée en novembre dernier trouve un nouvel écho dans l'actualité. Il y a quelques jours, «Ojo Público», media en ligne de journalisme d'investigation péruvien, titrait «Oro incautado: La historia secreta del proveedor de la mayor refinería de Suiza». Dans cet article détaillé, on apprend que durant la dernière semaine de mars, la Direction nationale de l’administration fiscale et douanière du Pérou a immobilisé près de 100 kilos d’or qui allaient être envoyés en Suisse, après avoir informé la Cellule de Renseignement Financier et le Bureau de Blanchiment d'Actifs sur des liens présumés de la compagnie Minerales del Sur avec l'acquisition de métal d'origine suspecte.
Cet or se dirigeait plus précisément vers la raffinerie neuchâteloise Metalor Technologies qui, selon le dernier rapport «La Suisse, plateforme de l’or à risques?», édité par l’ONG Société pour les Peuples Menacés (SPM), se procurerait depuis plusieurs années de l’or péruvien extrait et commercialisé illégalement sur fond de fraude fiscale et de destruction de l’environnement.
Suite à cette plainte, Metalor – membre de la prestigieuse London Bullion Market Association (LBMA), une organisation qui établit le prix de référence de l’or – nie entièrement les allégations de l’ONG.
En 2015, la SPM a révélé que les autorités douanières péruviennes avaient déjà confisqué 10,56 kilos d’or illégal destinés à Metalor. Dans son communiqué de presse, la raffinerie affirme que le Ministère public péruvien «est arrivé à la conclusion formelle qu’aucun élément ne permet de poursuivre une action pénale dans cette affaire (exploitation minière illégale/blanchiment d’argent) et a ordonné le dépôt définitif de l’enquête le 11 mai 2017, concluant que l’or était légal».
Blanchiment, trafic et prête-noms
Qu’en est-il aujourd’hui de la relation entre Metalor Technologies et la compagnie péruvienne Minersur, actuellement quatrième exportateur d’or au Pérou et dont le propriétaire a changé d’identité après une affaire de contrebande d’or dans les années 90?
A noter également que parmi les fournisseurs de cette dernière, on rencontre des personnes et des compagnies sous enquête pour blanchiment d’exploitation minière illégale, trafic d’argent et utilisation de prête-noms sans solvabilité.
Le seul acheteur de métal de Minersur est la raffinerie neuchâteloise, qui a acquis plus de cent tonnes d’or entre 2000 et 2017.




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